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  • : Le cercle Jacques Decour est une association Tourangelle dans laquelle des citoyennes et des citoyens, marxistes et non marxistes s’interrogent, débattent et agissent, en vue de rendre la société plus juste et plus respectueuse des valeurs humaines.
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  • : 06/12/2006

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RESISTANCE !

Le Cercle Jacques-Decour vous propose son programme pour la saison 2007/2008. A n'en pas douter, les luttes à mener seront sévères ! Et particulièrement dans les domaines de la culture, de la communication...

Programme des mois d'avril, mai, juin 2008
ATTENTION ! CHANGEMENT DE DATE POUR LE DEBAT "LES CATHOLIQUES ET LE MOUVEMENT OUVRIER

 

Avril mardi 01

 

 

 

Complexité de la résistance - L'exemple de Georges Guingouin

 

Gilbert Deverines.

 

20 H30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Mai mardi 06

 

 

Langage et pouvoir

 

Jacques Ducol

 

20 H 30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Mai mardi 27

 

 

Les catholiques et le mouvement ouvrier

 

Philippe Branger

 

20 H 30St Pierre des Corps salle des associations.

 

Juin mardi 3

 

 

 

Le sport dans tous ses états - Jeux Olympiques pouvoir, argent, etc.  (JO du 8 au 24 Août)

 

Pierre carreau

 

20 H 30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Juin vendredi 27

  Soirée festive...

Notre mai 1968

  L'an 01,
un film français de 1973, réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch.

19 heures, bibliothèque de l'Ecole VIALA. Avenue Stalingrad,
Saint-Pierre des Corps

 
  Alors, à bientôt, ce n'est pas le moment de laisser tomber la résistance, le travail de la théorie à la lumière d'un marxisme libre et vivant...

Le Cercle Jacques Decour a pour objet de contribuer au mouvement de transformation de la société en vue de libérer l'humanité de toutes les formes d'exploitation et d'aliénation; il soutient en particulier la Déclaration Universelle de Droits Humains.

Nos moyens d'action sont la recherche et l'étude, les conférences et les débats, l'éducation populaire, la publication de travaux théoriques, ainsi que la participation aux initiatives des associations ou groupements dont les objectifs sont en rapport avec les nôtres.

Il s'agit surtout de réfléchir autour (à partir) du marxisme sans oeillères, en liberté.

Nous sommes nombreux à reconnaître dans notre activité professionnelle ou militante que le marxisme, comme théorie, enrichi de l'apport de bien d'autres philosophes, chercheurs, femmes ou hommes politiques  peut enrichir notre compréhension du monde. Il en est l'un des outils importants. Il permet aussi de réfléchir sur les perspectives de transformation de la société.

Nous savons quelles conséquences ont eu les distorsions qu'il a subies au cours de l'histoire, c'est pourquoi nous faisons passer avant tout l'expression démocratique de toutes les idées.

Nous savons aussi que la société du XXI° siècle n'est pas celle que Marx a analysé il y a plus de 150 ans. Mais nous pensons que travailler à partir des hypothèses et des méthodes proposées par Marx et Engels, s'interroger sur les heurs et les malheurs des expériences qui ont suivi, définir les objectifs de ce travail, et  donner la priorité aux valeurs sur les moyens employés peut être une contribution à la rénovation des forces de gauche dans lesquelles nous nous reconnaissons.

Jacques Decour en référence

Jacques Decour était son nom d'écrivain, il s'appelait Daniel Decourdemanche, né en 1910. Il fut professeur d'allemand au lycée Descartes à Tours en 1936 et 1937. Il était membre du parti Communiste. Ecrivain, il participa à plusieurs revues, dont Commune. A Tours il a participé à l'Université Populaire créée par la Fédération des oeuvres laïques. Il anima un ciné-club et une maison de la culture. Mobilisé comme simple soldat pendant la seconde guerre mondiale, il était chauffeur du général De Lattre de Tassigny au moment de l'armistice de 1940. Il reprend ses fonctions au Lycée Rollin à paris. De 1940 à 1942 il va se consacrer à l'organisation de la résistance intellectuelle. Il est l'un des fondateurs des Lettres Françaises, de la Pensée Libre, de l'Université libre, du Comité National des écrivains. Arrêté le 17 février 1942 en compagnie de Georges Politzer, jacques Salomon et Danièle Casanova, il est mis au secret à la prison de la santé. Il est fusillé par les allemands au Mont Valérien le 30 mai 1942. Une plaque à son nom perpétue son souvenir au lycée Descartes à Tours. Un collège porte son nom à Saint-Pierre des Corps.

Ce blog est à votre disposition, nous serons très heureux de vous y rencontrer.

Elections du nouveau bureau (2007/2008) :

Il est composé de la manière suivante :

 

  Président :

 

  

 Patrick Bourbon

  

Vice-président :

  

Gilbert Deverines

 

  

Secrétaire :

  

Jean-Louis Bargès

 

 

Secrétaire adjoint :

 

 

 Jacques Ducol

  

Trésorière :

  

Solange Ducol

 

 

  Membres :

 

Françoise Norelle  

 Charlotte Lechat

Philippe Branger

 
Mardi 12 juin 2007
Enfin, une question reste à traiter :
quelle culture pour demain ?
 
La production artistique en France génère autant de richesses que les plus gros secteurs industriels (aéronautique, automobile etc…). Tous les rapports le disent et tous les acteurs économiques et les élus en sont conscients. Pour preuve : la mobilisation des maires et députés possédant des festivals dans leurs circonscriptions.
 
L’effet de ce protocole, la réduction des financements à la création et à l’action culturelle, la multiplication des contrôles (devenue une arme contre les plus faibles) provoqueront à moyen terme le démantèlement du tissu culturel : il sera de plus en plus difficile, voire kafkaïen de mettre en chantier des productions hors grands circuits, les équipes artistiques n’arriveront plus à pérenniser leur travail sur le terrain et les jeunes talents auront de plus en plus de mal à rentrer dans le métier. Quant à l’argument : seuls les meilleurs survivront, il est faux et dangereux !
 
Cette politique conduira à l’absorption de la production artistique par les seules industries culturelles et institutions les plus nanties, à l’égal du mouvement de concentration des médias et de l’information dans notre pays dont nous constatons aujourd’hui les effets sur la démocratie. Il y aura « sanctuarisation » des professionnels de la culture à l’exclusion de toute réflexion concertée sur la réalité et la diversité de nos pratiques et de leurs financements.
 
Nous ne voyons poindre aucun nouvel élan pour une nouvelle politique culturelle satisfaisante, pourtant le mot culture est employé à toutes les sauces.
De quelle culture parlons-nous ? De « l’homme cultivé » ? De « la culture des peuples » ? Devons-nous laisser le sensible, l’art, aux seuls gérants de l’industrie culturelle et du spectaculaire ?
La culture, les droits sociaux, sont l’affaire de tous. Ouvrons le débat dès maintenant !
 
“Fabriquer du sensible, ce n’est pas poser la question quel type d’art voulons nous faire ? Mais dans quel(s) monde(s) voulons nous vivre ?"
 Andreas Inglese
par Cercle Jacques Decour publié dans : Actualité
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Mardi 12 juin 2007
Il s’agissait aussi de débattre de la question des intermittents, de la situation des créateurs, des interprètes, des techniciens du spectacle vivant, et de poser la question du statut du travail salarié en général 
 
L’ancienne couverture sociale des intermittents du spectacle fonctionnait selon un principe mutualiste de redistribution vers les plus faibles revenus. Les réformes successives de 2003 et de 2006, voulues par les gestionnaires de l’Unedic, sont résolument inégalitaires.
 
Ces réformes se révèlent plus coûteuses que le précédent système.
 
Mais le but clairement avoué par le rapport de la Cour des comptes et par le MEDEF ne se pose pas en termes de coût, mais de réduction des effectifs. « La question n’est pas le déficit, mais le nombre d’intermittents » déclarait ainsi tranquillement M. Gauthier-Sauvagnac, négociateur du MEDEF.
 
Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants sont touchés par le même processus politique :
Pour accélérer les radiations des chômeurs, tout un arsenal de dispositifs de contrôles et de contraintes à l’emploi est mis en place. On fabrique ainsi une nouvelle insécurité sociale faite de course aux cachets, d’acceptation de n’importe quel emploi, de peur du contrôle sous peine de se voir supprimer une allocation.
 
Qui aurait cru qu’après 4 ans de lutte, 4 ans d’actions, de rapports, de missions d’information, de réunions à l’Assemblée nationale ou au ministère, les mêmes soi-disant « partenaires sociaux » allaient signer un texte pire que le protocole du 26 juin 2003 dénoncé par tous ?
 
Ils l’appellent « le protocole du 18 avril 2006 ».
 
Qui aurait cru que 4 ans de réflexions, d’expertises, de propositions seraient balayés d’un revers de main sans même qu’aucune discussion avec les donneurs d’ordre (le MEDEF et la CFDT) ne soit possible ?
 
Comment ne pas être furieusement en colère ?
 
Le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a répété à de nombreuses reprises : « Le gouvernement ne donnera pas son agrément à un accord qui ne contiendrait pas les 507 heures en 12 mois ». Il nous a menti.
Non seulement aucune de ses promesses n’a été tenue, mais il a supprimé le fonds transitoire versé par l’Etat. Ce fonds avait été obtenu grâce aux actions menées par tous les opposants au protocole de 2003 ; il a permis de « rattraper » 40000 exclus, leur évitant de basculer au RMI. Et ce ne sont pas les pansements que l’Etat a cru nécessaire d’ajouter au protocole du 18 avril 2006 qui juguleront l’hémorragie à venir de milliers d’intermittents radiés du système.
  
Poser la question du statut du travail salarié en général :
 
L’emploi ne recouvre pas le travail.
En d’autres termes, l’activité déborde largement le temps de travail effectué sous contrat.
 
Pour un intermittent du spectacle, tous les temps consacrés à la formation, l’élaboration de nouveaux projets, la recherche, l’expérimentation, quoique étant une étape indispensable à la création, ne sont pas comptabilisés sur une fiche de paye, mais considérés comme temps chômé.
 
Nous proposons d’arrêter d’opposer de façon binaire emploi et chômage : le temps de non emploi, considéré comme chômé est aussi -sinon plus que le temps en emploi- producteur de richesses.
 
Il s’agit alors de relever le défi que constituent toutes les formes de discontinuité, d’intermittence de l’emploi : repenser les droits sociaux et le revenu au-delà de l’emploi et du chômage.
 
La pérennité des structures est liée de manière indissociable à la pérennité des droits sociaux et des revenus des individus, à leur mobilité que seule la continuité du revenu permet effectivement.
 
Les chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, veulent réformer les droits sociaux des intermittents du spectacle, et plus largement l’assurance chômage. Mais autrement que le MEDEF et la CFDT.
 
Ils proposent un Nouveau Modèle d’indemnisation, qui constitue un au-delà de l’indemnisation chômage, un modèle de garantie de la continuité du revenu en situation de discontinuité de l'emploi.
 
Le Nouveau Modèle peut s’appliquer à tout travailleur engagé par des employeurs multiples, avec un taux de rémunération, et une durée de contrats variables : c’est-à-dire à beaucoup de personnes ne relevant pas des champs de l’intermittence actuelle, mais connaissant une précarité réelle.
 
Le principe du Nouveau Modèle est donc résolument mutualiste. Loin de tout corporatisme ou de défense de privilèges acquis, sa philosophie s’appuie sur la continuité de revenu pour tous, conçue comme bien commun au même titre que le logement, la santé et l’éducation.
 
Les derniers ministres des affaires sociales et de l’emploi, François Fillon et Jean-Louis Borloo se sont pliés aux décisions du MEDEF avouant ainsi leur totale impuissance ou leur parfait consentement.
 
Le temps libre nécessite des supports sociaux. Il s’agit de replacer l’émancipation individuelle et collective au cœur de l’action politique.
par Cercle Jacques Decour publié dans : Actualité
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Mardi 12 juin 2007
Nous avons voulu mettre en évidence la
permanence des questions posées par les intermittents du spectacle -
Donnedieu de Vabres avait promis une issue avant la fin 2005 à la crise de l’intermittence.
Lorsqu’au départ de Raffarin et au remaniement ministériel qui s’en est suivi, la Culture et la Communication échurent à Donnedieu de Vabres, celui-ci était quasiment inconnu des milieux artistiques et culturels. Mais le choix d’une personnalité plus « politique » que Jean-Jacques Aillagon a pu paraître à certains observateurs comme le gage d’un traitement moins cafouilleux du dossier des intermittents.
Le régime d’indemnisation chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et de l’audiovisuel a en effet été sérieusement écorné par l’accord du 26 juin 2003 signé au sein de l’UNEDIC par les organisations patronales et quelques syndicats, CFDT en tête.
Depuis lors, la CGT, le syndicat le plus représentatif de ces métiers, et la Coordination nationale des intermittents et précaires, ne cessent de multiplier manifestations et interventions, et réclament la révision et l’abrogation de cet accord, avec le soutien quasi-unanime des organisations professionnelles qui fédèrent ces secteurs d’activité, mais aussi d’une bonne partie de la classe politique : c’est ainsi qu’à l’Assemblée nationale, un « comité de suivi » regroupe des parlementaires de tous bords, UMP et UDF compris.
Sous la pression du mouvement des intermittents, moins spectaculaire qu’en 2003 mais qui n’a jamais baissé les bras ni lâché le morceau, le ministre de la Culture s’était finalement engagé à ce qu’un accord intervienne avant le 1er janvier 2006, faute de quoi, il « prendrait ses responsabilités ».
L’organisation patronale reste sur une ligne dure et inflexible. Lors d’une séance de « négociations », en décembre dernier, Denys Gautier-Sauvagnac, vice- président du Medef, l’a dit sans détours : « Le problème n’est pas de réduire le déficit de l’UNEDIC mais de réduire le nombre des intermittents. » En effet, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, la réforme de juin 2003, loin d’avoir « assaini » la situation financière des annexes 8 et 10 (qui définissent le régime de l’intermittence), en a aggravé le soi-disant « déficit », tout en provoquant l’exclusion d’un nombre non négligeable de bénéficiaires et en durcissant les conditions d’accès pour de nouveaux entrants. Bref, comme nous le disons depuis le début, cette réforme est viciée de fond en comble.
Loin de rester dans une posture de seule contestation, la Coordination des Intermittents et Précaires a fourni, ces deux dernières années, un remarquable travail de suivi de l’application de cette réforme, d’analyse (malgré le refus de l’UNEDIC de transmettre ses données financières et comptables) et de proposition. Ce travail a été mené en coopération avec des chercheurs du laboratoire ISYS/ MATISSE (UMR 85/95 CNRS), à partir d’une enquête sociologique auprès de plus de mille intermittents du spectacle.
Les contre-propositions élaborées dans la foulée de cette enquête n’ont jamais été sérieusement mises à l’étude, ni au ministère de la Culture, et pas davantage, évidemment, au sein des instances de l’UNEDIC, où l’idée même « d’expertise citoyenne » semble certainement passer pour un crime de lèse-majesté !
Ces propositions ont, en revanche, reçu une écoute attentive de la part du « comité de suivi » à l’Assemblée nationale, où les principales revendications des intermittents (indemnisation sur 12 mois, et rétablissement de la « date anniversaire » pour la comptabilisation des heures salariées et le calcul des indemnités) constituent le socle d’une Proposition Parlementaire de Loi, d’ores et déjà validée par 470 parlementaires.
La CGT et la Coordination des Intermittents et Précaires ont espéré que cette Proposition de Loi soit effectivement soumise au Parlement. Le ministre de la Culture s’est borné à vaguement espérer que des négociations reprennent...
La loi est venue devant le parlement… Le débat a été saboté par le groupe UMP, qui a refusé le vote, grâce à des artifices de procédure.
Au-delà de l’intermittence, c’est le statut même du travail discontinu qui est aujourd’hui en jeu, et pas seulement pour les professions artistiques et culturelles.
Vu du Medef, la précarité subie semble être le seul horizon du travail raréfié. Laurence Parisot, la nouvelle dirigeante patronale, ne déclarait-elle pas récemment : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » A cette aune, on comprend que le Medef tienne la moindre idée de « protection sociale » pour un encombrant rebut. Même si une telle vision est à très courte vue, on pourrait admettre, à la limite, que le Medef est dans son rôle. Mais une organisation patronale n’est pas censée faire la loi à elle seule. Dans un pays normalement démocratique, on pourrait s’attendre à ce qu’un gouvernement gouverne, avec une boussole et des oreilles pour entendre les vents se lever. Sous Raffarin ou de Villepin, le gouvernement flotte. A la Culture, pas plus qu’Aillagon hier, Donnedieu de Vabres n’a gouverné grand-chose.
par Cercle Jacques Decour publié dans : Actualité
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Mardi 12 juin 2007
Le jeudi 31 mai 2007 à 20 heures, aux cinémas « Les Studio », à Tours, Le CNP, le Cercle Jacques-Decour,  le Syndicat français des artistes interprètes CGT, ont organisé une soirée ciné-débat sur le thème :
 
Que serait la culture sans les intermittents du spectacle ?
 
Après la présentation du film de Jean-Luc Galvan : Bleu de travail et bleu du ciel, un débat s’est instauré, passionné et riche d’enseignements, avec Patrick Harivel,  acteur interprète, des représentants  du Syndicat Tourangeau des Artistes Musiciens CGT et le Cercle Jacques Decour.
L’idée de cette soirée est née d’une série de questions que nous nous posions :
 
Les intermittents, créateurs, interprètes, techniciens du spectacle vivant sont-ils des artistes en pointillés ?
Ø     Qu’apportent-ils à la culture ?
Ø     Que serait sans eux la vie culturelle de notre pays ?
Ø     Pourquoi les violentes attaques et les manœuvres diverses menées à leur encontre par les gouvernements, le MEDEF ?
Ø     Pourquoi les signatures successives en 4 ans d’au moins deux protocoles d’accord mettant en question l’existence de plusieurs milliers d’entre eux ?
 
Le documentaire que nous avons présenté montre des professionnels du spectacle en bleu de travail :
Jean-Luc Galvan est auteur et réalisateur de Bleu du travail et bleu du ciel. Où il est question du travail de l’artiste, de son statut dans la société et du travail en général.
 
L’auteur-réalisateur, en partant des professions du spectacle, et du statut d’intermittent, se pose la question du rapport au travail. Dans ces milieux, " artistiques ", mais aussi au-delà.
 
Jean-Luc Galvan a aussi participé à l’écriture d’un documentaire de création, les Rêves de la main, réalisé par Renaud Verbois, en 1999. Où il est question des ganteries de Millau, fermées pour cause de rentabilité économique. Et de toute la perte d’un savoir-faire, et d’une certaine forme d’art dans le travail.
 
Là, avec Bleu du travail et bleu du ciel, il renoue avec cette réflexion autour de la notion de travail. " L’idée de ce film est née en 1996-1997, pendant les luttes des intermittents du spectacle pour le maintien de leur statut ", explique-t-il. Lui, à l’époque a participé au mouvement, à Toulouse ". Et a filmé les actions ponctuelles des intermittents.
 
Parallèlement, il s’est associé aux débats " très riches " des coordinations nationales.
C’est cet engagement qui a fait naître le film que nous avons regardé ensemble.
Dans ce documentaire, le fil conducteur est la remise en cause de la création culturelle comme production marchande.
 Il invite à réfléchir au statut de ceux qui participent à la création : salariés lorsqu’ils reçoivent un cachet. Et chômeurs indemnisés le reste du temps.
 En fait, le statut d’intermittent ne paye pas le travail, mais les périodes hors contrat.
 
Jean-Luc Galvan est allé rencontrer des professionnels du spectacle impliqués dans ce mouvement de 1996. Comme l’Usine, Okupa Mobil ou Saltobrank. Tous ces gens, considérés comme chômeurs en dehors des 507 heures (ou 43 cachets) qui leur assuraient à l’époque l’ouverture de droits aux ASSEDICS. " Qui ont fui le salariat traditionnel, parce qu’ils ont envie d’"autre chose". Ils bossent beaucoup, mais ils n’ont pas d’horaires fixes, ni de journées "type". Ils créent un autre rapport au temps. "
 
Jean-Luc Galvan a donc interrogé ce rapport au temps de la création. Et au travail qu’elle représente, parce qu’elle ne naît pas de rien.
 
Bleu du travail et bleu du ciel, parce qu’ « il faut beaucoup travailler pour fabriquer du rêve ».
 
Ce qui induit d’emblée une autre question : quelle est la part du rêve dans le travail ? Comment peut-on associer les deux ? Est-ce que c’est conciliable ? "
Pour le réalisateur, la réponse est positive.
 
Mais il a peur qu’aujourd’hui, nous installions une culture à deux vitesses : la grosse artillerie d’un côté, financée à coups de grosses subventions. De moins en moins de compagnies reçoivent de plus en plus de fric. Et à côté, des gens qui essayent de vivre, d’innover, de créer, avec peu de moyens. Aujourd’hui, une compagnie ne peut pas salarier ses comédiens, ses techniciens. Si le statut d’intermittent disparaissait, le théâtre, la musique, l’audiovisuel connaîtraient un appauvrissement sans précédent. La multiplicité, l’échange, la confrontation, l’émulation permettent d’avoir une création aussi vivante. "
 
La question : comment prend-on en compte le travail réel d’un artiste ? Le temps de la création pure, le temps de la répétition, le temps du montage des décors ? Tout cet envers du décor que le spectateur ne voit pas, et qui n’est pas non plus décompté lorsqu’une compagnie vend un spectacle ? En 1997, les intermittents en lutte proposaient d’étendre leur statut à toutes les couches de la société, toutes activités confondues. " D’abord, ça empêcherait les gens de faire n’importe quoi, à n’importe quel prix, comme veut l’imposer le patronat. Et puis ensuite, ça permettrait à tout le monde de repartir sur d’autres bases, à n’importe quel moment de sa vie."
 
Ce petit film n’est pas une bible. Mais à mélanger imaginaire, travail de l’artiste et travail pour monter un spectacle, il ouvre des portes sur une question toute simple : au fait, qu’est-ce que travailler ? Et à quoi ça sert ?
par Cercle Jacques Decour publié dans : philosophie et politique
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Jeudi 10 mai 2007
Enjeux politiques de la paresse :
 
Tantôt résistante ou complice face aux pouvoirs, tour à tour refus du travail ou justification de son organisation, la paresse n'a cessé d'être immorale, et problématique politique . C'est sous cet angle que je voudrais aborder une réflexion autour de l'éloge de la paresse de Paul Lafargue.
La paresse est enjeu politique avant tout. Son premier théoricien, Paul Lafargue, très engagé dans le socialisme de son époque, a publié le droit à la paresse en 1883.
 
Beau fils et disciple de Marx, Lafargue avait bien intégré les thèses essentielles du manifeste communiste et du capital[1]. Mais, pour lui, il manquait à la théorie du travail et de la valeur un épilogue, il nous l'offre, c'est une théorie de la paresse.
Lafargue propose de reconquérir le temps qui est volé aux travailleurs en célébrant ce qu'il nomme la noble inactivité. Après la lutte pour le travail, il appelle à la lutte pour la paresse.
C'est un livre furieux, déclamatoire, allégorique, mais aussi analytique, plein de chiffres et de citations, l'une des premières grandes apologies de la paresse. En ce sens, Lafargue est un précurseur. Dans cet ouvrage, sa démarche se rapproche autant et même plus de celle de Nietzsche que de celle des grandes philosophies systématiques du XIX° siècle.
 
Pour Paul Lafargue, dès l'ouverture du livre, le travail (envisagé comme valeur unique) bâtit sa réputation sur le mensonge, peut-être le plus grand mensonge de la modernité. Malsain, abrutissant, le travail n'est pas pour lui une vertu, c'est un vice, qui nous dérobe à nous-mêmes, et la propagande qui l'entoure nous concocte un monde totalement déformé.
 
La paresse ne peut exister que comme corrélation au travail. Les ouvriers se tuent au travail pour permettre à des rentiers, à leurs patrons de vivre dans la paresse. La bourgeoisie possède les moyens de production, mais s'est emparée aussi des moyens de consommation. Elle seule peut se permettre d'accumuler suffisamment de moyens pour prendre du recul et s'approprier l'ensemble des biens produits par ceux qui travaillent comme des bêtes de somme sans pouvoir seulement vivre normalement, ni prendre quelques instants pour le repos qu'il soit physique ou moral.
 
En 1848, l'une des revendications essentielle des révolutionnaires était « le droit au travail », la journée de douze heures. Lafargue pense qu'en avançant cette revendication, et seulement celle-là, ils se sont livrés aux barons de l'industrie, qui ont sauté sur l'occasion.
 
Lafargue invective les prolétaires : « travaillez, travaillez, leur dit-il, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, en devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d'être misérables ». C'est le cercle vicieux qu'il dénonce, où ce qu'on donne comme remède provoque une aggravation du mal.
 
Pour lui, le droit à la paresse est un droit naturel, qui doit être proclamé, s'il le faut, en dénonçant de fausses valeurs morales, comme le travail.
 
Au XIX° siècle, on explique l'impérialisme par le besoin de conquérir de nouveaux marchés pour absorber les effets de la surproduction capitaliste. Lafargue l'expliquerait plutôt comme la volonté d'exporter, vers des peuples ayant leur activité spécifique de production, qui leur permet de vivre en harmonie avec leur milieu, l'absurdité de la contrainte du travail salarié.
A la suite du rousseauisme, du romantisme, il idéalise les « bons sauvages », les sociétés qu'il appelle primitives.
Cela lui permet de montrer quel est le rôle de la religion dans le développement d'une culpabilité permanente concernant la paresse, mère de tous les vices, et pêché capital.
 
« Regardez le noble sauvage que les missionnaires de commerce et les commerçants de la religion n'ont pas encore corrompu avec le christianisme, la syphilis et le dogme du travail, et regardez ensuite nos misérables servants de machines ». Il pense que l'activité libre pour acquérir les biens naturels nécessaires à la vie rend les hommes beaux et conquérants, mais que l'assujettissement productif déglingue les organismes et les esprits. Les prolétaires ne sont pas les seuls à souffrir physiquement de la productivité capitaliste, les bourgeois eux-mêmes, par la surconsommation et l'inactivité sont rapidement décrépis, pas de la même manière : c'est leur bedaine et les excès en tout genre qui les détruisent.
 
Les « missionnaires du commerce et les « commerçants de la religion » ont leur dieu bourgeois: « Jéhovah, le Dieu barbu et rébarbatif, donna à ses adorateurs le suprême exemple de la paresse idéale ; après six jours de travail, il se reposa pour l'éternité. » C'est ce dieu du week end perpétuel, le premier des paresseux éternels, et ses prêtres, qui condamnent les hommes qui ne gagneraient pas leur pain à la sueur de leur front.
 
« Pour chanter véni créator, il faut avoir chasuble d'or. Nous en tissons pour vous grands de l'église, et nous, pauvres canuts, nous allons sans chemise. » 
 
Il aurait pu ajouter que c'étaient ces mêmes sociétés, contraintes à produire les aliments de luxe des colonisateurs (sucre, rhum, café, opium, tabac.), réduits à l'esclavage, qu'on traitait de paresseuses, et sur qui nous projetions notre morale judéo-chrétienne, et notre culpabilité religieuse.
 
Baudelaire parle de « la féconde paresse », il y voit en permanence une créativité en action, une sorte de contre-activité. Mais la question que nous pourrions nous poser, c'est : féconde pour qui ? La paresse est une contre-valeur, et elle ne peut s'apprécier qu'en regard du travail, comme la valeur travail ne se définit moralement que comme l'antithèse de la paresse.
 
Mais il y a deux états de la paresse, comme le dit Lafargue. L'une renvoie à un état d'origine, pur, innocent, et libre. C'est cet état de paresse que nous avons à reconquérir contre l'idéologie du travail avant tout, qui ne se réfère dans le système capitaliste qu'à la subordination, à l'exploitation.
 
Il y a aussi une autre paresse, celle qui est acquise aux dépends de celui qui travaille, celle du rentier, du financier, qui correspond elle aussi (en le renforçant) au système capitaliste. La paresse du premier type est une subversion du système. Il s'agit de reconquérir pour soi le temps qu'on nous vole, de reconquérir cette vie qu'on perd à la gagner.
 
La paresse est pour le travailleur du domaine de la résistance et de la revendication.
 
Revendication du temps libéré, non pas comme une permission accordée, mais comme un droit revendiqué. Lafargue ouvre la voie à cette revendication. Son livre est l'un des grands textes de l'aspiration à récupérer sa vie propre. Il concerne aujourd'hui tous les salariés, d'abord, et aussi bien d'autres, qui sont pris dans le mouvement perpétuel des affaires et de la compétitivité.
 
Pour Lafargue, et tout au long de sa vie, il s'agit de revendiquer le seul droit existentiel qui mérite un combat de chaque instant : le droit de faire ou de ne pas faire. Se délivrer du travail contraint imposé par l'état salarial revient à rompre avec une vision où l'homme ne serait que ce producteur pris dans les filets de la compétition pour s'engager sur les territoires plus hospitaliers, joyeux, de la force vitale, pour devenir un homo ludens.
 
Mais comment ? En faisant sauter tous les verrous idéologiques.
Ø      « L'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture ». Il s'emploie à montrer que le travail tel que nous le connaissons est une invention récente de l'homme.
Ø      Il questionne aussi la finalité de la production. A-t-on vraiment besoin de consommer autant ? Ne peut-on pas répartir les richesses différemment ? ne peut-on pas limiter les gaspillages ?
Ø      Ne devrait-on pas préférer bâtir pour tous une vie saine, détendue, choisie, plutôt que de tout miser sur l'esclavage volontaire ?
Ø      Le bon usage du progrès technologique sous toutes ses formes ne serait-il pas de laisser les machines se fatiguer à la place de l'homme ?
Ø      Il pose une question que se posait déjà La Boétie : le principal ennemi du travailleur, c'est peut-être le travailleur lui-même lorsqu'il accepte sa servitude.
 
« Si déracinant de son coeur le vice qui domine et avili sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer les droits de l'homme, qui ne sont que les droits de l'exploitation capitaliste, non pour réclamer le droit au travail qui n'est que le droit à la misère, mais pour forger une loi d'airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la terre, la vieille terre, frémissant d'allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers ».
 
La pensée de Lafargue au fil du temps va choquer aussi bien l'entrepreneur que le syndicaliste, la pensée correcte de gauche, comme celle de droite. Elle contredit absolument l'esprit du capitalisme, met en cause les fondements mêmes de son idéologie.
Paul Lafargue est un militant :
Il a participé dans les rangs du Parti Ouvrier Français, fondé en 1882, avec Jules Guesde aux luttes pour la réduction du temps de travail. Il a publié « La journée légale de travail réduite à huit heures » - Paru en feuilleton dans L'Egalité des 26 février, 5 mars et 12 mars 1882- où il écrit : « Le premier congrès de l'Internationale, le Congrès de Genève de 1866, déclara que "la condition première, sans laquelle toute tentative d'amélioration et d'émancipation échouerait, est la limite légale de la journée de travail. Cette limitation s'impose afin de restaurer la santé et l'énergie physique des ouvriers, et de leur assurer la possibilité d'un développement intellectuel, des relations sociales et une action politique. Le Congrès propose que la journée légale de travail soit limitée à huit heures. Cette limite est demandée par les ouvriers des Etats-Unis, et le vote du Congrès l'inscrira sur le programme des classes ouvrières des deux mondes." Le Congrès régional de Paris et le Congrès national du Havre, fidèles à la tradition de l'Internationale, ont inscrit à la tête de la partie économique de notre programme minimum : - "Réduction légale de la journée de travail à huit heures pour les adultes." Les possibilistes, trouvant la réduction de la journée de travail à huit heures une demande exagérée, de nature à offusquer les patrons électeurs, se sont empressés, avec la complicité du Conseil dit national, d'émasculer cet article si important du programme minimum. A Montmartre, ils demandaient simplement la fixation légale de la journée de travail et supprimaient la limite de huit heures. Nous nous proposons de défendre la réduction légale de la journée de travail à huit heures contre les économistes et les possibilistes. »
 
Comme représentant politique des ouvriers Lafargue est donc beaucoup moins radical que dans son pamphlet, mais il ouvre des routes qui conduiront progressivement à ce que nous connaissons aujourd'hui, et qui est sans cesse remis en question dans toutes ses dimensions. Temps de travail, congés, retraites, rien n'est encore acquis.
La nature du capitalisme est la même, au fond. La nature du salariat n'a pas fondamentalement changé.
 
La souffrance au travail est toujours présente. L'acceptation de la subordination ne connaît plus de frontière. L'exploitation du travail met les salariés en concurrence entre eux au niveau mondial. Cette situation est donnée par les puissants comme un phénomène naturel auquel il faut se plier. La précarisation impose la soumission.
 
Les loisirs ont rejoint la masse des produits marchandisés. Le temps n?est pas à la reconquête de la vie par chacun d'entre nous. Les individus sont toujours soumis aux forces qui nient le droit à l'existence autonome des classes laborieuses.
 
Le travail reste dans l'imaginaire collectif, le but de toute existence, la condition d'une vie réussie. Etre au chômage, ne pas avoir de travail, sont des situations de crise provoquant de terribles traumatismes. Il n'est même plus possible de mettre en question le travail. Tout au plus peut-on contester ses conditions.
 
Le fait même de travailler l'emporte sur la nature de tel ou tel travail. On peut raser une forêt, raboter une montagne, détourner le cours d'un fleuve, bétonner des territoires entiers, vendre des armes à n'importe quel dictateur fou, à condition qu'il y ait des milliers d'emplois créés. Et des milliards de profit en perspective. On peut refuser de ratifier le traité de Kyoto pour des raisons « économiques ». On ne travaille plus pour organiser le monde, on organise le monde pour pouvoir travailler.
 
Pour ce qui concerne les jours de congés, les RTT, nombreux sont ceux qui ne savent pas les occuper et s'adressent aux industriels du temps libre, spécialistes de la chasse aux temps morts, prêt à rentabiliser toute activité ou inactivité humaine. Le temps libre devient un véritable travail rentabilisé, il est entièrement récupéré par l'exploitation capitaliste et ses deux facettes de production et de consommation.
La paresse est pour moi le symbole de tout ce qui ne peut pas être vendu ou marchandé.
 
Thierry Paquot a écrit un beau livre sur l?art de la sieste. Voilà, me direz-vous, un moment de la vie qui n'est pas à vendre. Et bien, détrompez-vous ! La sieste elle-même peut faire partie du système de production, être mise en rapport direct avec la productivité. Cela aurait vraiment dégoûté Lafargue : il s'agit de ce que les anglo-saxons appellent la « power nap », expression qu'on pourrait traduire par «sieste dynamisante ». Le monde du sommeil est colonisé par le monde de l'exploitation du travail. Les entreprises organisent le repos comme période de rafraîchissement pour recommencer à travailler. On parle alors de « reconstitution de la force de travail ».
 
Si on pouvait travailler en dormant, on serait le citoyen idéal du monde globalisé. Un jour, peut-être, nous pourrons travailler et consommer en dormant? Sans jeu de mots, certains doivent en rêver. Mais dans cette perspective, la paresse envisagée comme réappropriation du temps, de l'espace par la pensée et la création personnelle ne peut plus exister. Parce que la vie individuelle n'existe plus. La paresse se dissout lorsqu'elle devient la propriété d'un autre que soi-même.          
 
Paul Lafargue dans ses écrits montre un magnifique talent de dénonciation des idées reçues : il dénonce « La religion du capital » en 1887, « Le pape Pie X » en 1890, « la charité chrétienne » en 1904.
 
C'est un travail de libération dont nous devrions nous inspirer plus souvent. Car la lutte idéologique est absolument nécessaire. Une lutte pour la démystification de l'idéologie du capitalisme, portée par la plus grande partie des organisations syndicales et politiques aujourd'hui.
 
Car pour libérer son temps, il convient préalablement de se libérer l'esprit et de se déculpabiliser.
 
Paressez ! Choyez chaque minute de votre existence comme un trésor unique ! Dégustez le temps comme un luxe sans prix ! La solution est d'assumer la paresse, de l'assumer pleinement, fièrement, comme le faisait Rimbaud :
« Mauvais sang ! J'ai horreur de tous les métiers...Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal. »
« Je connais le travail; et la science est trop lente...On se passera de moi. J'ai mon devoir, j'en serai fier à la façon de plusieurs, en le mettant de côté.
 
Allons ! Feignons, fainéantons, ô pitié ! Et nous existerons en nous amusant, en rêvant amours monstres et univers fantastiques, en nous plaignant et en querellant les apparences du monde.»...
(Une saison en enfer)


[1] Marx montre dans le capital que la limitation de la durée de travail sert à déterminer quelle partie de la journée sera consacrée au renouvellement de la force de travail. La limite maximum dépend des bornes physiques de la force de travail et de limites morales, elle est très élastique. Elle n'est déterminée que par le rapport de force entre le capitaliste et le travailleur.
 
par J.L.Bargès publié dans : philosophie et politique
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