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  • : Cercle Jacques Decour
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  • : Politique
  • : Le cercle Jacques Decour est une association Tourangelle dans laquelle des citoyennes et des citoyens, marxistes et non marxistes s’interrogent, débattent et agissent, en vue de rendre la société plus juste et plus respectueuse des valeurs humaines.
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RESISTANCE !

Le Cercle Jacques-Decour vous propose son programme pour la saison 2007/2008. A n'en pas douter, les luttes à mener seront sévères ! Et particulièrement dans les domaines de la culture, de la communication...

Programme des mois d'avril, mai, juin 2008
ATTENTION ! CHANGEMENT DE DATE POUR LE DEBAT "LES CATHOLIQUES ET LE MOUVEMENT OUVRIER

 

Avril mardi 01

 

 

 

Complexité de la résistance - L'exemple de Georges Guingouin

 

Gilbert Deverines.

 

20 H30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Mai mardi 06

 

 

Langage et pouvoir

 

Jacques Ducol

 

20 H 30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Mai mardi 27

 

 

Les catholiques et le mouvement ouvrier

 

Philippe Branger

 

20 H 30St Pierre des Corps salle des associations.

 

Juin mardi 3

 

 

 

Le sport dans tous ses états - Jeux Olympiques pouvoir, argent, etc.  (JO du 8 au 24 Août)

 

Pierre carreau

 

20 H 30 St Pierre des Corps salle des associations.

 

Juin vendredi 27

  Soirée festive...

Notre mai 1968

  L'an 01,
un film français de 1973, réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch.

19 heures, bibliothèque de l'Ecole VIALA. Avenue Stalingrad,
Saint-Pierre des Corps

 
  Alors, à bientôt, ce n'est pas le moment de laisser tomber la résistance, le travail de la théorie à la lumière d'un marxisme libre et vivant...

Le Cercle Jacques Decour a pour objet de contribuer au mouvement de transformation de la société en vue de libérer l'humanité de toutes les formes d'exploitation et d'aliénation; il soutient en particulier la Déclaration Universelle de Droits Humains.

Nos moyens d'action sont la recherche et l'étude, les conférences et les débats, l'éducation populaire, la publication de travaux théoriques, ainsi que la participation aux initiatives des associations ou groupements dont les objectifs sont en rapport avec les nôtres.

Il s'agit surtout de réfléchir autour (à partir) du marxisme sans oeillères, en liberté.

Nous sommes nombreux à reconnaître dans notre activité professionnelle ou militante que le marxisme, comme théorie, enrichi de l'apport de bien d'autres philosophes, chercheurs, femmes ou hommes politiques  peut enrichir notre compréhension du monde. Il en est l'un des outils importants. Il permet aussi de réfléchir sur les perspectives de transformation de la société.

Nous savons quelles conséquences ont eu les distorsions qu'il a subies au cours de l'histoire, c'est pourquoi nous faisons passer avant tout l'expression démocratique de toutes les idées.

Nous savons aussi que la société du XXI° siècle n'est pas celle que Marx a analysé il y a plus de 150 ans. Mais nous pensons que travailler à partir des hypothèses et des méthodes proposées par Marx et Engels, s'interroger sur les heurs et les malheurs des expériences qui ont suivi, définir les objectifs de ce travail, et  donner la priorité aux valeurs sur les moyens employés peut être une contribution à la rénovation des forces de gauche dans lesquelles nous nous reconnaissons.

Jacques Decour en référence

Jacques Decour était son nom d'écrivain, il s'appelait Daniel Decourdemanche, né en 1910. Il fut professeur d'allemand au lycée Descartes à Tours en 1936 et 1937. Il était membre du parti Communiste. Ecrivain, il participa à plusieurs revues, dont Commune. A Tours il a participé à l'Université Populaire créée par la Fédération des oeuvres laïques. Il anima un ciné-club et une maison de la culture. Mobilisé comme simple soldat pendant la seconde guerre mondiale, il était chauffeur du général De Lattre de Tassigny au moment de l'armistice de 1940. Il reprend ses fonctions au Lycée Rollin à paris. De 1940 à 1942 il va se consacrer à l'organisation de la résistance intellectuelle. Il est l'un des fondateurs des Lettres Françaises, de la Pensée Libre, de l'Université libre, du Comité National des écrivains. Arrêté le 17 février 1942 en compagnie de Georges Politzer, jacques Salomon et Danièle Casanova, il est mis au secret à la prison de la santé. Il est fusillé par les allemands au Mont Valérien le 30 mai 1942. Une plaque à son nom perpétue son souvenir au lycée Descartes à Tours. Un collège porte son nom à Saint-Pierre des Corps.

Ce blog est à votre disposition, nous serons très heureux de vous y rencontrer.

Elections du nouveau bureau (2007/2008) :

Il est composé de la manière suivante :

 

  Président :

 

  

 Patrick Bourbon

  

Vice-président :

  

Gilbert Deverines

 

  

Secrétaire :

  

Jean-Louis Bargès

 

 

Secrétaire adjoint :

 

 

 Jacques Ducol

  

Trésorière :

  

Solange Ducol

 

 

  Membres :

 

Françoise Norelle  

 Charlotte Lechat

Philippe Branger

 
Jeudi 10 mai 2007
Ressouvenir de Paul et Laura Lafargue
Un révolutionnaire ne devrait-il pas être plus sérieux ?
Peut-être est-ce ce que tentait de lui faire comprendre Marx
Quand ils allaient l’après-midi se promener en compagnie de Laura
Dans les prairies d’Hampstead, au-dessus de Londres,
Et que le Maure, comme l’appelaient familièrement les siens,
Désespérait d’un futur gendre au tempérament si latin,
Et se disait que, décidément, jamais il ne parviendrait à assurer
A aucune de ses filles la sécurité d’un mariage bourgeois.
 
Un militant ouvrier peut-il faire l’éloge de la paresse ?
Peut-être est-ce ce que s’est demandé
Ce travailleur impénitent de Paul Lafargue
Enfermé dans sa cellule à Sainte-Pélagie
Après la fusillade de Fourmies quand il commença à rédiger,
Pour justifier la revendication de la journée de huit heures,
Son célèbre pamphlet : le droit à la paresse
Par lequel il démontre que toute l’histoire de l’humanité
Est l’histoire de la conquête par les travailleurs du droit de se reposer.
 
Un militant révolutionnaire a-t-il le droit de se suicider ?
Sans doute est-ce la question que se sont posée
Beaucoup de ceux qui assistèrent aux obsèques de Paul et de Laura,
Quand ils écoutèrent le discours de Lénine et de Longuet.
Mais eux avaient déjà depuis longtemps répondu
Qui avaient décidé, ne voulant pas un jour se voir diminuer par l’âge,
Et à la charge du mouvement, à soixante-dix ans,
De mettre ensemble fin à leurs jours
Après une soirée dans un bon restaurant de Paris, un spectacle au théâtre
Et une existence de lutte, de misère et de bonheur,
Ils rentrèrent dans leur petit pavillon de Draveil
Prirent un dernier verre et se donnèrent la main.
Puis Lafargue (qui aimait par-dessus tout la vie)
Fit à sa femme qu’il aimait comme sa vie
Une injection d’acide, et se suicida.
 
C’est le jardinier qui les retrouva,
Deux oeillets inanimés jonchant le sol.
 
Poème de Francis Combes, dans « Cause commune »,
Le Temps de Cerises, 2003
par J.LBargès publié dans : philosophie et politique
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Mercredi 4 avril 2007

Après la séance du Jeudi 22 mars au C.N.P. - Cinémas Studio - Tours

  "Mémoire collective": refoulement et instrumentalisation.

 Avec la projection du film : "L'insurrection de l'Ile Rouge" (Madagascar) (Sur la révolte malgache de 1947.)

Ce que raconte ce film sur Madagascar et la politique Française  en 1947, c’est l’histoire d’une résistance populaire et d’un crime colonial français.

1947… Deux ans après une guerre qui a fait des millions de morts, et qui a été en France une guerre de répression sauvage sur les résistants engagés dans une juste lutte de libération nationale. Deux ans après la parution du programme progressiste du Conseil National de la Résistance. Heureusement, en France, il s’est trouvé des voix et des organisations pour prendre la défense du peuple malgache martyrisé :

Le secours Populaire Français envoie des avocats pour défendre les inculpés. (Les avocats locaux en ont reçu l’interdiction).

 Parmi eux, Henri Douzon, ancien des maquis. Il est menacé, attaqué, laissé pour mort dans la brousse. Il sera ensuite un vaillant avocat des causes anticolonialistes.

 En France, les communistes dénoncent « l’entêtement criminel desautorités coloniales ». Les tribunaux d’exception vont fonctionnerjusqu’en 1954 !  La responsabilité du gouvernement Ramadier, aujourd’hui, en 2007, n’est toujours pas reconnue officiellement.

En 2005, Jacques Chirac, lors d’un voyage à Madagascar, s’est contenté 

de dénoncer le « caractère inacceptable des répressions engendrées par

les dérives du système colonial. »

    Un colloque de l'Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA) a été conclu par contre dans ces termes par Jean Suret-Canal[1] : « Je tiens pour ma part la colonisation dans son principe comme un crime contre l’humanité, les excès répressifs n’en étant que l’aboutissement. »

     Nous sommes mis en présence de deux interprétations différentes du même événement. L’une incontestablement de droite, digne de ceux qui cherchent un « côté positif à la colonisation » L’autre fidèle à l’histoire des luttes anticoloniales de la gauche depuis Jaurès.

  •  En Algérie, à Sétif et Constantine, le 8 mai 1945. Une date dont on ferait bien de se souvenir. Le même jour que la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, les populations du Constantinois, à Sétif et Guelma, en Algérie, manifestent pour leur droit à l’indépendance. Il s’en suivra l’une des répressions les plus sanglantes de l’histoire coloniale française, par la suite « collectivement et délibérément occultée ». Aujourd’hui, alors que les débats continuent sur le nombre de victimes occasionnées par les colons, de 1 500 à 45 000 morts, la représentation diplomatique française en Algérie, en la personne de l’Ambassadeur Hubert Colin de Verdière, a pour la première fois depuis 1945 qualifié cet épisode, jusqu’alors resté plutôt « discret », de « tragédie inexcusable ».
  •   En Indochine, de 1946-1954 : 1945, 1946,1947, c’était l’époque  où, dans le grand élan de la libération, dans le sillage du Conseil National de la Résistance et de son programme régnait l’illusion de « l’Union Française » au sein de laquelle les peuples colonisés devaient trouver, aidés par un pouvoir qu’on croyait progressiste, le chemin de l’émancipation. Fameuse utopie ! Pulvérisée par le bombardement de Haiphong alors qu’avait été signé 8 mois plus tôt un accord qui faisait du Viêt-Nam un « état libre ».

  • Dans la mémoire collective il y a aussi le souvenir de ceux qui ont lutté contre le colonialisme et ses violences extrêmes. La solidarité prolétarienne n’était pas alors un vain mot : on refuse de charger le matériel de guerre pour l’Indochine, par exemple… On est emprisonné, comme Henri martin. On meurt à Charonne… On a manifesté contre la guerre des américains au Viêt-Nam…On se bat aussi pour la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961.

     Et quand on regarde le monde aujourd’hui, du côté de la Palestine , du côté de l’Irak, ou ailleurs, on sait qu’il y aura encore bien des batailles à mener. Et quand on choisit la résistance, on n’a pas de problème de mauvaise conscience, on sait qu’on a fait le choix de la libération des territoires et des peuples.

    Cela au nom d’un principe qu’exprime Eluard : « La liberté d’un peuple oriente tous les peuples, Un innocent aux fers enchaîne tous les hommes ».

  • De même, pour ce qui me concerne, un coupable sauvagement torturé et/ou exécuté.


    [1] Jean Suret-Canale, Engagé de la première heure et responsable dans la résistance, il est historien géographe, Docteur d'État, spécialiste de l'histoire de l'Afrique noire et en particulier de l'histoire de la colonisation. Il a publié de nombreux ouvrages.

par Jean-Louis Bargès publié dans : Histoire et Politique
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Mercredi 21 mars 2007

Ces quelques notes n'engagent que leurs auteurs. Elles essaient de traduire un ressenti après la riche conférence de Daniel Bensaïd

C'était le mardi 13 mars à 20 heures 30, à l’invitation du Cercle Jacques-Decour, salle 121 au Centre des Halles à Tours, le philosophe Daniel Bensaïd nous a fait part de ses réflexions et a ouvert le débat avec nous sur :  

« Quelle société de progrès (communiste ?)

penser pour le XXIè siècle ? ».

 Quelques pistes de réflexion puisées dans l’actualité :  Les démarches et contre marches de l’actualité électorale présidentielle n’invalident pas la réflexion sur la nécessité d’une autre vision de la société. Elles en constitueraient plutôt l’introduction pour dire l’utilité de savoir vers où on va, afin de ne pas manquer la marche…Nous croyons plus que jamais nécessaire l’élaboration théorique matérialiste, marxiste. Où en est-on aujourd’hui ?

 Dans la mise en pratique politique de la théorie, naissent des contradictions : faut-il les ignorer ? les subir ? les éviter ? Tout n’étant jamais prévu, que fait-on des imprévus ?

 Les « nouvelles » classes sociales « vieillissent »-elles les partis et mouvements politiques ?

Gilbert Deverines:

 

 

 

Ceci n’est pas un compte-rendu, mais la mise au net des notes prises qui sont le plus souvent une partie de phrase de Daniel, d’autres fois ce que j’en ai retenu (y compris avec déformation), tant cela allait vite, était dense, passionnant, mettant à l’épreuve la capacité, d’écouter, de réfléchir pour bien comprendre, de transcrire, etc. Par avance, je réclame l’indulgence et accueillerai bien volontiers les corrections et compléments que vous voudrez bien me faire parvenir et qui permettront peut-être de mettre à la disposition des absents un texte un peu plus fidèle à la pensée du conférencier à qui nous pouvons, je crois, renouveler nos remerciements.

 Jean-Louis Bargès : mes propositions sont en vert. Je ne sais pas si c’est  fidèle à la pensée du conférencier, mais c’est ce que j’ai retenu !

  Ce que j’ai noté du dit de Daniel Bensaïd le 13 mars 2007

 Le prolétariat a été souvent au rendez-vous des combats de classe, pour être dans la plupart des  cas vaincu. Nous sommes les descendants de ces vaincus. Nous nous débattons dans des rapports de force dégradés, dans un monde  de concurrence élargie, acharnée, ouverte sur les nouvelles économies de toutes les parties du monde.

 

 

 Aujourd’hui confrontés à l’irruption sur le marché du travail de milliards de salariés eux-mêmes mis dans une situation de concurrence acharnée, nous avons à entreprendre un travail de reconstruction qui doit prendre en compte ces réalités.

Sommes-nous pour autant condamnés à nous battre pour l’honneur, avec cet  « éternel retour de la défaite », comme disait Louis Blanc ? Cela pose la question du « rôle de la violence dans l’histoire. La violence elle-même change de nature : dans les combats de naguère on pouvait se battre avec l’adversaire, presque à armes égales sur les barricades. Il nous faut à présent mesurer l’écart de moyens dans l’éventualité de chocs de classes.

 La violence met aussi en branle des parts obscures de nous-mêmes. (Référence au film La déchirure). Pourquoi les tueries en Asie du Sud- Est (Cambodge) après la longue guerre et la victoire du peuple Vietnamien ? Quel effet sur les sociétés peut avoir une longue guerre de trente ans ? Même s’il s’agit d’une violence légitime, qui porte sa charge de libération.

 La participation aux élections nous a appris  la patience, elle nous a montré que la théorie ne porte pas en elle de solution miracle, qu’il faut continuer à développer des luttes sous-tendues par l’indignation et la révolte, dans un contexte différent.

 Dans ce contexte, la référence à Marx symbolise beaucoup plus que l’attachement à sa personne ou à sa pensée comme moment de l’histoire de la philosophie aujourd’hui dépassé. C’est ce que voudrait suggérer le titre du magazine américain Newsweek : Marx est mort, publié en 1981. En fait, il y a une actualité de la pensée de Marx comme réflexion sur le capital et les mécanismes de domination mis en œuvre par la classe dirigeante. C’est ce qu’expriment Le spectre de Marx de Dérida ou le livre de Deleuze, qui pourtant n’est pas marxiste, mais pose la question : comment rester marxiste ? Dans Le Grand Karl.  Dans notre démarche, nous ne devrons pas oublier l’apport déterminant d’Engels, qui, en fait, est le véritable anti-conformiste du fameux duo, et qui a apporté à Marx un soutien vital indispensable.

 Les références à Marx et Engels sont motivées par la certitude que les raisons de se battre, de résister, de désirer une autre organisation sociale sont toujours présentes. En fonction de cette analyse, nous pouvons réfléchir autour de 4 thèmes :

 

 

 

-          Marx penseur de la mondialisation,

-          Trois crises : sociale, écologique morale,

-          Les forces de la classe ouvrière,

-          Le pluralisme politique.

1 – Marx, penseur de la mondialisation

  Description de la mondialisation dans Le Manifeste communiste dès 1848. Un hymne à la mondialisation, ouvrant sur une humanité universelle, une culture universelle…

Marx voit le développement du machinisme, ses succès techniques ; les expositions universelles à Londres à Paris. Il note l’extension du capitalisme par la colonisation. Engels en décrit les techniques militaires ouvrant sur l’industrie du massacre. Cela s’accompagne d’enrichissement des capitalistes, de spéculation sur l’urbanisation, d’accumulation du capital, de recomposition des territoires.

L’humanité devient universelle par la production, les échanges, la communication…La première grande vague de la mondialisation est victorienne ; Elle se trouve à l’intersection de bouleversements techniques, accompagnés de phénomènes financiers centrés sur la spéculation. Elle débouche sur des objectifs mis en œuvre de colonisation du monde entier. Elle est sous-tendue par l’application des nouvelles techniques militaires expérimentées lors de la guerre de cessetion… De nouvelles techniques d’extermination. Dans le même temps, est fondée la première internationale, et se constituent les grands Etats-Nations, comme l’Allemagne ou l’Italie.

 Aujourd’hui, nous sommes au stade de la circulation sans limite des fonds, des marchandises, des hommes. Mais les descriptions n’expliquent pas, c’est Marx qui explique la logique du capital, la nécessité de cette logique, du point de vue des capitalistes : raccourcir le cycle de rotation du capital, élargir le rapport marchand à l’ensemble des rapports dans la société, accélérer la productivité, rentabiliser les temps de production, exploiter au maximum le travail, utiliser les différentiels de productivité individuels et collectifs influant sur la concurrence pour dynamiser le profit. L’utilisation des processus de délocalisation permet d’exploiter les différentiels de salaire, d’impôts, de protection sociale, pour détruire les forces de résistance. On assiste à la fois à un accroissement global des richesses et à celui des problèmes sociaux.

 Marx invite à comprendre le monde ; même si c’est triste ; surtout si on veut le changer. Le livre de Mile Davies Le pire des mondes possibles actualise le constat, il montre que de véritables poudrières sociales existent dans les bidonvilles de la planète.  Et de vraies questions se posent, comme celle du foncier et du logement, qui implique que soit réellement abordé le problème de la propriété.

 

2 - Notre monde est confronté à (au moins) à trois crises :

 Ø      Le monde connaît une crise sociale : …vers les 2 milliards de pauvres

 Ø      Crise écologique : les ressources de la planète sont en cours d’épuisement ; le regroupement urbain des populations entre en conflit avec la réduction des espaces disponibles… L’abondance n’est pas sans limite.

 Ø      Crise morale majeure ; science et conscience ; éthique et politique. Comment maîtriser les technologies qui agissent directement sur le vivant ? Quel usage va-t-on en faire ? Comment le rendre positif à l’humain ?

 Des problèmes nouveaux apparaissent, des solutions s’imposent pour résoudre  des questions qui viennent en pleine lumière : la répartition du temps (temps productif, temps personnel) – la mesure du dégât écologique – vol du temps de travail - impossibilité de gérer l’avenir de la planète par le marché -  

 Le débat sur le temps de travail devient essentiel. Les travaux sont de plus en plus hétérogènes, complexes. Des questions se posent sur le « vol du temps de travail (et de vie) d’autrui ». Dans un contexte où le travail a cessé d’être source de toute richesse.

 3 – Les forces de la classe ouvrière

 Quelles sont les forces de cette classe en qui Marx voyait le fossoyeur du capitalisme ?

Le prolétariat n’a jamais été numériquement aussi important (Chine, Inde, Brésil…) 

Même si, en France, la part des ouvriers dans la population active a diminué de 35 à 24  % de 1970 et 2000.

 Pourtant, on éprouve de grandes difficultés à faire du collectif, car les politiques détruisent les solidarités et accroissent les concurrences. On est plutôt dans une phase de décomposition des forces de résistance.

 Il faut Reconstruire…essayer, car on sent que depuis 1995, quelque chose a changé. La question sociale est beaucoup plus présente. Il faut raviver la conscience de classe, la prise en compte des antagonismes de classe qui seule crée un lien dépassant les ethnies, les religions…) Il faut travailler sur ce lien commun. Il y a eu des périodes, au XIX°, au XX° siècle, où le critère d’appartenance de classe dominait les autres de manière évidente. Aujourd’hui, la réalité est plus diverse, et le problème pour le prolétariat est de construire une hégémonie qui donne un avenir à d’autres intérêts que les siens. Il faut penser la pluralité sociale et politique. C’est ce que les marxistes au pouvoir au XX° siècle n’ont jamais su faire.

 4 – Pourquoi l’échec ? Difficultés  à penser le pluralisme politique! 

 

 

Le communisme (le stalinisme, plutôt)  a échoué par manque de pluralisme.

 La Commune au contraire fut un exemple de dictature du prolétariat ET de pluralisme politique, démocratique.

 La commune de Paris a agi en respectant la pluralité de pensée et d’origines sociales, et a mis en cause les privilèges, a développé une attitude laïque. L’ambition de libérer la société entière était alors l’expression du pouvoir des travailleurs. La commune a été vaincue, mais a laissé un souvenir positif dans l’ensemble du mouvement ouvrier. (Ce n’est pas le cas des pays du bloc soviétique, apparemment).

 Cette attitude (pluraliste, libératrice) suppose l’abondance, afin de mettre en pratique le principe révolutionnaire : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.

 Nous sommes aujourd’hui dans une logique d’abondance, mais en même temps confrontés à d’immenses inégalités, et à la question de la crise écologique, que nous avons à résoudre.

 Il faut « corriger Marx avec Aristote », trouver des procédures de partage, donner plus à ceux qui ont le plus de besoin. 

 Corriger Marx par Aristote ; le partage n’est pas l’égalité ; la vraie égalité, c’est la proportionnalité. Qui fait les choix ?

 Le thème du parti unique est à dépasser par le pluralisme politique : il n’y a pas de peuple homogène, et les différences sont une richesse qui doit pouvoir s’exprimer.

 Pour terminer : regard sur les élections et la suite

 Mettre la barre haut. Où veut-on aller ? Pas de politique du moindre mal. Les exemples du Brésil avec le PT et de l’Italie avec Reconstruction ne sont pas encourageants et sont générateurs de désillusions.

* Dans le cours de la discussion

En réponse aux questions posées, j’ai noté des bouts de phrases :

 Arguer de la nécessité plutôt que du possible… Et rendre possible la nécessité.

 Les économies solidaires, les nouvelles formes d’économie sont des tentatives sympathiques qui progressent, c’est intéressant…  mais pas encore à l’état d’alternative, de projet.

 Ne pas se faire d’illusions sur les microcrédits. Pas plus que sur l’ingéniosité architecturale des constructions de bidonvilles dans la proximité des mégalopoles.

 Lire, à la fin du Manifeste Communiste, la partie consacrée aux fausses utopies.

par Jean-Louis Bargès publié dans : cercle.jacques-decour
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Vendredi 16 février 2007

Cercle Jacques Decour, pour résister et construire

 Nous sommes des femmes et des hommes engagés dans des combats progressistes multiformes. Notre refus de toute « pensée officielle » sous-tend notre réflexion et nos actions pour un socialisme démocratique, humaniste.

 Nous voulons participer à la construction d’une gauche critique, responsable.

Nous sommes convaincus que la gauche a besoin de nouvelles formes d'engagement, d'une réflexion de fond sur ses valeurs et ses objectifs, d'une élaboration théorique permettant de comprendre les bouleversements affectant aujourd’hui les sociétés capitalistes .

Notre objectif est que le Cercle Jacques Decour soit un lieu

d'intelligence collective.

Un espace où marxistes et non marxistes débattent, en s’appuyant sut les analyses des sciences humaines et sociales, les perspectives critiques issues du socialisme, du féminisme ou de l'écologie politique, et la capacité à intervenir dans les débats quotidiens de la gauche. La critique du social-libéralisme, celle du néoconservatisme, l'implication dans le mouvement altermondialiste font aussi partie de l’identité que nous voulons construire.

 Dans un équilibre délicat entre ouverture et détermination, entre engagement et distance, entre lucidité et respect pour chacun, nous voulons changer en permanence, pour rester fidèles à nous-mêmes.

Les rencontres et activités du cercle sont ouvertes à toutes et à tous et font l’objet de publications.

par Cercle Jacques Decour publié dans : cercle.jacques-decour
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Mardi 23 janvier 2007

Persévérer



Selon toute vraisemblance, les adhérent(e)s du Cercle Jacques Decour  vont voter au premier tour de l´élection présidentielle pour un candidat  ou une candidate de gauche différent alors que deux ans auparavant ils
avaient voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel européen.

Peut-on dire qu´il est plus facile de *s´entendre pour* *voter contre*  (le libéralisme destructeur) que de *s´entendre pour construire*  (d´autres modes de rapports sociaux) ?

Tous d´accord pour tenir les tuyaux des lances contre l´incendie - là il  faut des bras forts et des spécialistes qui dirigent correctement le jet  après avoir approvisionné en eau. Ensuite, pour élever la nouvelle  maison, qui fait les plans ? qui tient la truelle ? Qui gâche le ciment ? Qui grimpe à l´échelle ? qui fournit les moyens financiers ? qui  préside la cérémonie de remise des clés ?

J´ai dû louper une marche quelque part !

Pour tout dire, me voici devant une éventualité que j´avais souhaitée  différent. Et je dois faire avec, comme on dit.

Pour terminer provisoirement : m´en tirer par une pirouette :

« Le  pessimiste est celui qui voit dans toute opportunité une nouvelle  difficulté ; l´optimiste est celui qui voit dans la difficulté une opportunité nouvelle ».

Je ne suis évidemment pas l´auteur de cette  citation mais, après tout, si elle est utile pour aider à persévérer ...
Il y a longtemps que je le chante : « Après la pluie le temps est beau... »

Gilbert Déverines

par Gilbert Deverines publié dans : Actualité
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