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  • : Le cercle Jacques Decour est une association Tourangelle dans laquelle des citoyennes et des citoyens, marxistes et non marxistes s’interrogent, débattent et agissent, en vue de rendre la société plus juste et plus respectueuse des valeurs humaines.
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Lundi 17 décembre 2007
La Révolution … et après ?
4 décembre 2007
 
            Avec Patrick nous avons suivi le parcours du Che, le révolutionnaire de la seconde moitié du XXè siècle, engagé dans la révolution dans un seul pays, puis dans la construction de la nouvelle société dans ce pays et, finalement, dans l’exportation de la révolution…
 
Avec Philippe nous avons discuté de la Révolution d’octobre 1917, la première révolution qui se soit référé à Marx et ait mis en œuvre, sur une longue période, les travaux pratiques sur la question posée par Lénine : Que faire ?... 
 
Jacques nous a fait cheminer avec les penseurs des révolutions : de Montesquieu à Lucien Sève en passant par Tocqueville, Marx, Engels, Lénine, Gramsci, Trotski et quelques autres ; j’ai bien aimé qu’il ait rappelé que  le pouvoir n’est pas la seule question … Nous avons aussi noté que « la Révolution » présentait à la fois des caractéristiques de rupture et des caractéristiques de continuité.
 
Avec la Révolution anglaise et la Révolution française s’est ouvert, au XIIIè siècle le cycle des révolutions modernes bourgeoises…
Le XIXè siècle a connu, essentiellement en Europe, une période de consolidation des et d’extension des révolutions bourgeoises confirmant la primauté de la classe capitaliste d’une part et, d’autre part, printemps des peuples en 1848 : les premières tentatives de révolutions prolétariennes qui ont culminé avec La Commune de Paris.
C’est le XXè siècle, Le siècle des Révolutions qui permet d’observer la relation entre rupture et continuité …  
 
par Gilbert Deverines publié dans : philosophie et politique
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Lundi 17 décembre 2007
Le XXè siècle siècle des révolutions
 
 
Sur tous les continents, dans un nombre de pays jamais atteint auparavant ; même si les changements dans ces pays ne correspondent pas à ce que nous attendons en France d’un changement révolutionnaire                                                                                                                                                           
Révolutions de libération des systèmes coloniaux hérités des empires britanniques, français, hollandais, espagnols, portugais et belges qui concernent la quasi-totalité de l’ Afrique, le Moyen-Orient et en Asie notamment deux pays la Chine et l’Inde qui à eux deux représentent 40% de la population mondiale…
 
Révolutions héritées des dominations économico-politiques, essentiellement états-uniennes, en Amérique latine…
 
Révolutions pour l’accession à des états nations en Europe : Sud de l’Irlande, Slovaquie, Tchéquie, Hongrie, Croatie, Bosnie, Serbie, Estonie, Lettonie, Lituanie, demain peut-être Kosovo… Sans oublier la Palestine…
 
Et, bien entendu la Révolution russe de 1917 et la Révolution cubaine, la seule qui existe encore de nos jours…
 
L’idée de révolution a également irrigué maints courants artistiques et littéraires… L’anglo-américaine Isadora Duncan, la plus célèbre danseuse de l’époque, partit en Russie début 1918 pour y fonder une Ecole populaire de danse … En France l’aspiration révolutionnaire anima durant plusieurs décennies le courant surréaliste en littérature, peinture, cinéma et théâtre, architecture, etc. …
par Gilbert Deverines publié dans : philosophie et politique
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Lundi 17 décembre 2007
La Révolution avant, pendant, après…
 
 
La tâche première des Révolutions, a consisté, dans chaque pays, à rompre avec l’état existant, à instaurer un nouvel Etat, pour diriger la construction d’une société nouvelle, différente par rapport à l’avant. Ce chemin est toujours difficile…
 
 La nouvelle société est plus ou moins décidée, soutenue, approuvée ou tolérée par des populations. Elle va devoir prendre en charge des réalités intérieures et extérieures, sociales, politiques et économiques héritées du passé… Il est rare qu’un changement révolutionnaire advienne en période de prospérité. Et que les dépossédés admettent aisément leur dépossession… D’où des contradictions …
 
Exemple 1 : la question de la distribution des terres au Brésil et en Afrique du Sud ou comment faire pour respecter l’engagement envers des sans-terre sans affaiblir la productivité agraire qui génère les exportations permettant de faire face aux obligations assumées du remboursement de la dette au FMI et à la Banque mondiale ?
 
            Exemple 2 : Contradictions entre états, rapport entre nationalisme et internationalisme qui expliquent les différences de position par exemple à propos de l’OMC et la concurrence sur le coût du travail et celui du café (Vietnam, Chine…)
            Exemple 3 : La maîtrise des ressources : différences entre celles du Venezuela et de la Bolivie d’aujourd’hui (le pétrole, les minerais) et le Guatemala des années cinquante (United-fruit).
 
Partout les changements sont contrés : dans certains pays, la révolution sociale n’est pas encore consolidée (Bolivie, Venezuela) ; dans d’autres, en dépit de victoire militaire éclatante, (Vietnam), le capitalisme, y compris dans sa version mondialisée, est réintroduit… Ailleurs le nouvel état-nation est tout aussi dépendant de l’ancienne puissance coloniale et la révolution sociale est encore à faire.
 
La révolution est à la fois rupture et processus… elle n’est pas sans retour…la stabilisation du nouvel état n’est pas de l’ordre de temps de la vie d’un homme ou d’une femme…
 
Cela n’est pas nouveau…
 
Platon, bien avant Marx, avait perçu les difficultés de la transformation sociale et la résistance des puissants dépossédés. Dans le livre VIII de La République il envisage que l’Etat de la Cité rationnelle (la nouvelle société) soit menacé…
 «… les gouvernants auront été négligents dans la sélection et l’éducation des guerriers. Le devenir malheureux, du coup, se réintroduit : l’ordre peu à peu se dégrade, la force de la raison s’amenuise et les mauvaises constitutions politiques – ploutocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie – dominent »… « La révolution n’est jamais jouée une fois pour toutes : que serait-elle faite, la lutte continue… les forces antagonistes, provisoirement jugulées, sont toujours présentes…elles ont la capacité constante de réactiver le malheur… »
(Cité par François Châtelet dans Encycloepedia Universalis)
par Gilbert Deverines publié dans : philosophie et politique
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Lundi 17 décembre 2007
Vers la Révolution : retour sur le schéma marxiste …
  
Le processus de maturation révolutionnaire prend racine en amont de l’éventuelle rupture révolutionnaire. Ce processus a été décrit par Marx dans un texte cité par Jacques la semaine dernière : développement de la production, développement de l’accumulation capitaliste, accroissement des moyens de production, développement des forces productives… contradictions s’accentuant entre le caractère collectif des forces productives et des processus de production d’une part et, d’autre part l’appropriation privée du produit de la plus value…
 
De la pensée de Marx il pouvait se déduire que les conditions matérielles de changement de société étant réalisées, le changement révolutionnaire dépendait (ou ne dépendait plus que) de la conscience de sa nécessité… (relation entre les facteurs objectifs et les facteurs subjectifs)…
 
Pour faire venir le moment où, sur la base de l’accumulation des facteurs de crise de la gestion capitaliste présente, le « mouvement contestataire » conjugue actions du mouvement social et élévation du niveau de conscience de la nécessité du changement révolutionnaire…
 
Mais la maturation vers le « saut qualitatif » est contrariée, retardée par les capacités d’adaptation du pouvoir des classes dominantes… L’état, expression de la domination de classe, joue son rôle de protecteur des dominants. Tous les organes de cet état : armée, police, administration, moyens de communication, éducation nationale, parlements et autres organes de manipulations électorales.
 
Fractionnement de la population - Emiettement syndical – Opposition entre les catégories - fascisation rampante…
 
Les institutions supranationales : La Communauté européenne  (la Commission, les Traités) - l’OCDE – Les accords inter-régionaux - la Banque mondiale et le Fonds monétaire – l’OMC et les organes de réglementation des marchés – l’OTAN…
 
Et, bien entendu, l’internationalisation capitaliste de la production… la mise en concurrence du salariat… l’interdépendance des échanges…La fluidité et la dématérialisation du capital…  
 
Serions-nous condamnés à être des Révolutionnaires sans révolution, comme le titre du livre écrit à la fin des années cinquante par un surréaliste repenti ?...
 
Le doute et la démoralisation seraient au rendez-vous…Ils expliquent peut-être les difficultés électorales… et le danger du chacun pour soi…
 
par Gilbert Deverines publié dans : philosophie et politique
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Lundi 17 décembre 2007
Peut-on penser une démarche révolutionnaire ?
  
Face à la domination du capitalisme mondialisé, deux attitudes :
- Accepter comme indépassable cette domination en se satisfaisant d’en négocier, à la marge, des aménagements, de pseudo Grenelle en vague protocole Kyoto ?
 
-           Ou être acteur des transformations visant à abolir le capitalisme en construisant des rapports de forces, donc de conscience ?… prenant en compte l’objectif, les moyens, les étapes…
 
L’objectif : en finir avec la domination de la gestion capitaliste de la société…   avec l’analyse de tous les lieux de contradiction : classe, genre, migrations, priorité des droits des peuples pour une utilisation durable de la planète…
 
Les moyens : le rassemblement des opposants à cette société : analyse de la position actuelle des classes sociales… la multitude – selon Toni Negri (peuple-classe-genre) - et la définition des intérêts communs…Coopération révolutionnaire avec les peuples européens et ceux d’autres parties du monde…
 
Les étapes : * le programme d’urgence… l’entreprise… les services publics…
                           les localités et collectivités… l’anti-Etat…
·         donner un contenu réel aux avancées formelles…le moment      électoral… possibilités et limites des élections…
·         une autre conception de la démocratie qui définit les actions et les étapes…
·         ne jamais oublier l’objectif : l’accession à une société non capitaliste, sans exploiteurs, sans exploités…
 
Etre révolutionnaire, se conduire en toute circonstance, personnellement, collectivement, politiquement, en révolutionnaire… 
 
---o---
 
Trois livres m’ont remis en mémoire une époque que j’ai vécue :
-          « Naissance d’une majorité » dans lequel les journalistes Michel Cardoze et Jean Le Lagadec projettent l’avenir possible d’une majorité à la suite des 49,20% obtenu par François Mitterrand, candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle de 1974…
-          « L’avenir du parti communiste français » de Waldeck Rochet qui tire des enseignements du grand mouvement social de 1968 – il ya déjà quarante ans - et affirme la possibilité des voies diverses de passage au socialisme
-          « Changer la vie – programme de gouvernement du parti socialiste », dans lequel, en début 1972, la présentation de François Mitterrand expose notamment les mesures irréversibles à prendre par le nouveau président et les 20 ruptures avec le capitalisme pour amorcer le passage au socialisme, c’était voici 35 ans !
 
J’ai également consulté la brochure écrite par Lénine, publiée sous le titre « La catastrophe et les moyens de la conjurer », dans laquelle il indique la nécessité de passer à l’étape suivante : la révolution prolétarienne, elle fut écrite entre le 10 et le 14 septembre 1917 et publiée fin octobre 1917, il n’y a que 90 ans !
 
 Montlouis-sur-Loire - 22 octobre – 2 décembre 2007
par Cercle Jacques Decour publié dans : philosophie et politique
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