Penser la Révolution aujourd’hui - Intervention 2

Publié le par Jacques Ducol

Se réapproprier de façon critique théories et pratiques historiques
 
1) De la révolution capitaliste à la révolution prolétarienne
La révolution capitaliste, dont la caractéristique essentielleest l’appropriation privée du produit social qui conduit à l’opposition du prolétariat et de la bourgeoisie, peut conduire, dans des conditions différentes propres à chaque pays, au développement de la révolution prolétarienne, point de départ et moment fondamental du mouvement vers la société sans classes ou société communiste. Car pour Marx, le communismen’est « ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui dépasse l’état de choses existant. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes » (IA, 64), mouvement qui nécessairement« bouleverse la base de tous les rapports de production et d’échanges antérieurs »
 
2)-Les leçons d’une révolution prolétarienne et populaire : la Commune de Paris
Pour Marx et Engels, « la Commune de Paris, c’était la dictature du prolétariat ». En recherchant des formes nouvelles par lesquelles pourrait s’exprimer la souveraineté populaire dont la force dominante mais non exclusive repose sur les ouvriers (rôle des organisations les plus diverses, décision d’élire un Conseil Général de la Commune qui, « exécutif et législatif à la fois » (Marx), la Commune de Paris, « être collectif concentrant toutes les forces sociales », est bien la première tentative révolutionnaire pour s’attaquer concrètement au problème de la transformation fondamentale des rapports sociaux de production.
 
3)-Quelques remarques à propos de conceptions anciennes
Peut-on de nos jours, comme c’était rappelé dans le « marxisme-léninisme » officiel en URSS, encore faire de la question du pouvoir la question essentielle de toute révolution ? Peut-on accepter que le rôle de l’homme nouveau dans la nouvelle société se réduise à « comprendre la politique du parti et du gouvernement et à savoir la mettre en pratique », et que la nécessaire révolution culturelle se fasse « d’en haut, sur l’initiative et sous la direction du Parti communiste et du pouvoir, avec le concours actif de millions d’ouvriers, de paysans kolkhoziens et d’intellectuels » ? Même si le PCF avec Waldeck Rochet  en 1967 (Qu’est-ce qu’un révolutionnaire dans la France de notre temps ?) a proposé certaines nouveautés, notamment l’idée d’une « lutte pour la démocratie jusqu’au bout, c’est à dire [d’une] lutte pour la transformation socialiste de la société » (32), il reste prisonnier d’une théorie fondée sur la centralité de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier, ce qui aujourd’hui pose problème.

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