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  • : Le cercle Jacques Decour est une association Tourangelle dans laquelle des citoyennes et des citoyens, marxistes et non marxistes s’interrogent, débattent et agissent, en vue de rendre la société plus juste et plus respectueuse des valeurs humaines.
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Actualité

Mardi 23 janvier 2007

Persévérer



Selon toute vraisemblance, les adhérent(e)s du Cercle Jacques Decour  vont voter au premier tour de l´élection présidentielle pour un candidat  ou une candidate de gauche différent alors que deux ans auparavant ils
avaient voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel européen.

Peut-on dire qu´il est plus facile de *s´entendre pour* *voter contre*  (le libéralisme destructeur) que de *s´entendre pour construire*  (d´autres modes de rapports sociaux) ?

Tous d´accord pour tenir les tuyaux des lances contre l´incendie - là il  faut des bras forts et des spécialistes qui dirigent correctement le jet  après avoir approvisionné en eau. Ensuite, pour élever la nouvelle  maison, qui fait les plans ? qui tient la truelle ? Qui gâche le ciment ? Qui grimpe à l´échelle ? qui fournit les moyens financiers ? qui  préside la cérémonie de remise des clés ?

J´ai dû louper une marche quelque part !

Pour tout dire, me voici devant une éventualité que j´avais souhaitée  différent. Et je dois faire avec, comme on dit.

Pour terminer provisoirement : m´en tirer par une pirouette :

« Le  pessimiste est celui qui voit dans toute opportunité une nouvelle  difficulté ; l´optimiste est celui qui voit dans la difficulté une opportunité nouvelle ».

Je ne suis évidemment pas l´auteur de cette  citation mais, après tout, si elle est utile pour aider à persévérer ...
Il y a longtemps que je le chante : « Après la pluie le temps est beau... »

Gilbert Déverines

Par Gilbert Deverines
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Mardi 12 juin 2007
Nous avons voulu mettre en évidence la
permanence des questions posées par les intermittents du spectacle -
Donnedieu de Vabres avait promis une issue avant la fin 2005 à la crise de l’intermittence.
Lorsqu’au départ de Raffarin et au remaniement ministériel qui s’en est suivi, la Culture et la Communication échurent à Donnedieu de Vabres, celui-ci était quasiment inconnu des milieux artistiques et culturels. Mais le choix d’une personnalité plus « politique » que Jean-Jacques Aillagon a pu paraître à certains observateurs comme le gage d’un traitement moins cafouilleux du dossier des intermittents.
Le régime d’indemnisation chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et de l’audiovisuel a en effet été sérieusement écorné par l’accord du 26 juin 2003 signé au sein de l’UNEDIC par les organisations patronales et quelques syndicats, CFDT en tête.
Depuis lors, la CGT, le syndicat le plus représentatif de ces métiers, et la Coordination nationale des intermittents et précaires, ne cessent de multiplier manifestations et interventions, et réclament la révision et l’abrogation de cet accord, avec le soutien quasi-unanime des organisations professionnelles qui fédèrent ces secteurs d’activité, mais aussi d’une bonne partie de la classe politique : c’est ainsi qu’à l’Assemblée nationale, un « comité de suivi » regroupe des parlementaires de tous bords, UMP et UDF compris.
Sous la pression du mouvement des intermittents, moins spectaculaire qu’en 2003 mais qui n’a jamais baissé les bras ni lâché le morceau, le ministre de la Culture s’était finalement engagé à ce qu’un accord intervienne avant le 1er janvier 2006, faute de quoi, il « prendrait ses responsabilités ».
L’organisation patronale reste sur une ligne dure et inflexible. Lors d’une séance de « négociations », en décembre dernier, Denys Gautier-Sauvagnac, vice- président du Medef, l’a dit sans détours : « Le problème n’est pas de réduire le déficit de l’UNEDIC mais de réduire le nombre des intermittents. » En effet, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, la réforme de juin 2003, loin d’avoir « assaini » la situation financière des annexes 8 et 10 (qui définissent le régime de l’intermittence), en a aggravé le soi-disant « déficit », tout en provoquant l’exclusion d’un nombre non négligeable de bénéficiaires et en durcissant les conditions d’accès pour de nouveaux entrants. Bref, comme nous le disons depuis le début, cette réforme est viciée de fond en comble.
Loin de rester dans une posture de seule contestation, la Coordination des Intermittents et Précaires a fourni, ces deux dernières années, un remarquable travail de suivi de l’application de cette réforme, d’analyse (malgré le refus de l’UNEDIC de transmettre ses données financières et comptables) et de proposition. Ce travail a été mené en coopération avec des chercheurs du laboratoire ISYS/ MATISSE (UMR 85/95 CNRS), à partir d’une enquête sociologique auprès de plus de mille intermittents du spectacle.
Les contre-propositions élaborées dans la foulée de cette enquête n’ont jamais été sérieusement mises à l’étude, ni au ministère de la Culture, et pas davantage, évidemment, au sein des instances de l’UNEDIC, où l’idée même « d’expertise citoyenne » semble certainement passer pour un crime de lèse-majesté !
Ces propositions ont, en revanche, reçu une écoute attentive de la part du « comité de suivi » à l’Assemblée nationale, où les principales revendications des intermittents (indemnisation sur 12 mois, et rétablissement de la « date anniversaire » pour la comptabilisation des heures salariées et le calcul des indemnités) constituent le socle d’une Proposition Parlementaire de Loi, d’ores et déjà validée par 470 parlementaires.
La CGT et la Coordination des Intermittents et Précaires ont espéré que cette Proposition de Loi soit effectivement soumise au Parlement. Le ministre de la Culture s’est borné à vaguement espérer que des négociations reprennent...
La loi est venue devant le parlement… Le débat a été saboté par le groupe UMP, qui a refusé le vote, grâce à des artifices de procédure.
Au-delà de l’intermittence, c’est le statut même du travail discontinu qui est aujourd’hui en jeu, et pas seulement pour les professions artistiques et culturelles.
Vu du Medef, la précarité subie semble être le seul horizon du travail raréfié. Laurence Parisot, la nouvelle dirigeante patronale, ne déclarait-elle pas récemment : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » A cette aune, on comprend que le Medef tienne la moindre idée de « protection sociale » pour un encombrant rebut. Même si une telle vision est à très courte vue, on pourrait admettre, à la limite, que le Medef est dans son rôle. Mais une organisation patronale n’est pas censée faire la loi à elle seule. Dans un pays normalement démocratique, on pourrait s’attendre à ce qu’un gouvernement gouverne, avec une boussole et des oreilles pour entendre les vents se lever. Sous Raffarin ou de Villepin, le gouvernement flotte. A la Culture, pas plus qu’Aillagon hier, Donnedieu de Vabres n’a gouverné grand-chose.
Par Cercle Jacques Decour
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Mardi 12 juin 2007
Il s’agissait aussi de débattre de la question des intermittents, de la situation des créateurs, des interprètes, des techniciens du spectacle vivant, et de poser la question du statut du travail salarié en général 
 
L’ancienne couverture sociale des intermittents du spectacle fonctionnait selon un principe mutualiste de redistribution vers les plus faibles revenus. Les réformes successives de 2003 et de 2006, voulues par les gestionnaires de l’Unedic, sont résolument inégalitaires.
 
Ces réformes se révèlent plus coûteuses que le précédent système.
 
Mais le but clairement avoué par le rapport de la Cour des comptes et par le MEDEF ne se pose pas en termes de coût, mais de réduction des effectifs. « La question n’est pas le déficit, mais le nombre d’intermittents » déclarait ainsi tranquillement M. Gauthier-Sauvagnac, négociateur du MEDEF.
 
Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants sont touchés par le même processus politique :
Pour accélérer les radiations des chômeurs, tout un arsenal de dispositifs de contrôles et de contraintes à l’emploi est mis en place. On fabrique ainsi une nouvelle insécurité sociale faite de course aux cachets, d’acceptation de n’importe quel emploi, de peur du contrôle sous peine de se voir supprimer une allocation.
 
Qui aurait cru qu’après 4 ans de lutte, 4 ans d’actions, de rapports, de missions d’information, de réunions à l’Assemblée nationale ou au ministère, les mêmes soi-disant « partenaires sociaux » allaient signer un texte pire que le protocole du 26 juin 2003 dénoncé par tous ?
 
Ils l’appellent « le protocole du 18 avril 2006 ».
 
Qui aurait cru que 4 ans de réflexions, d’expertises, de propositions seraient balayés d’un revers de main sans même qu’aucune discussion avec les donneurs d’ordre (le MEDEF et la CFDT) ne soit possible ?
 
Comment ne pas être furieusement en colère ?
 
Le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a répété à de nombreuses reprises : « Le gouvernement ne donnera pas son agrément à un accord qui ne contiendrait pas les 507 heures en 12 mois ». Il nous a menti.
Non seulement aucune de ses promesses n’a été tenue, mais il a supprimé le fonds transitoire versé par l’Etat. Ce fonds avait été obtenu grâce aux actions menées par tous les opposants au protocole de 2003 ; il a permis de « rattraper » 40000 exclus, leur évitant de basculer au RMI. Et ce ne sont pas les pansements que l’Etat a cru nécessaire d’ajouter au protocole du 18 avril 2006 qui juguleront l’hémorragie à venir de milliers d’intermittents radiés du système.
  
Poser la question du statut du travail salarié en général :
 
L’emploi ne recouvre pas le travail.
En d’autres termes, l’activité déborde largement le temps de travail effectué sous contrat.
 
Pour un intermittent du spectacle, tous les temps consacrés à la formation, l’élaboration de nouveaux projets, la recherche, l’expérimentation, quoique étant une étape indispensable à la création, ne sont pas comptabilisés sur une fiche de paye, mais considérés comme temps chômé.
 
Nous proposons d’arrêter d’opposer de façon binaire emploi et chômage : le temps de non emploi, considéré comme chômé est aussi -sinon plus que le temps en emploi- producteur de richesses.
 
Il s’agit alors de relever le défi que constituent toutes les formes de discontinuité, d’intermittence de l’emploi : repenser les droits sociaux et le revenu au-delà de l’emploi et du chômage.
 
La pérennité des structures est liée de manière indissociable à la pérennité des droits sociaux et des revenus des individus, à leur mobilité que seule la continuité du revenu permet effectivement.
 
Les chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, veulent réformer les droits sociaux des intermittents du spectacle, et plus largement l’assurance chômage. Mais autrement que le MEDEF et la CFDT.
 
Ils proposent un Nouveau Modèle d’indemnisation, qui constitue un au-delà de l’indemnisation chômage, un modèle de garantie de la continuité du revenu en situation de discontinuité de l'emploi.
 
Le Nouveau Modèle peut s’appliquer à tout travailleur engagé par des employeurs multiples, avec un taux de rémunération, et une durée de contrats variables : c’est-à-dire à beaucoup de personnes ne relevant pas des champs de l’intermittence actuelle, mais connaissant une précarité réelle.
 
Le principe du Nouveau Modèle est donc résolument mutualiste. Loin de tout corporatisme ou de défense de privilèges acquis, sa philosophie s’appuie sur la continuité de revenu pour tous, conçue comme bien commun au même titre que le logement, la santé et l’éducation.
 
Les derniers ministres des affaires sociales et de l’emploi, François Fillon et Jean-Louis Borloo se sont pliés aux décisions du MEDEF avouant ainsi leur totale impuissance ou leur parfait consentement.
 
Le temps libre nécessite des supports sociaux. Il s’agit de replacer l’émancipation individuelle et collective au cœur de l’action politique.
Par Cercle Jacques Decour
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Mardi 12 juin 2007
Enfin, une question reste à traiter :
quelle culture pour demain ?
 
La production artistique en France génère autant de richesses que les plus gros secteurs industriels (aéronautique, automobile etc…). Tous les rapports le disent et tous les acteurs économiques et les élus en sont conscients. Pour preuve : la mobilisation des maires et députés possédant des festivals dans leurs circonscriptions.
 
L’effet de ce protocole, la réduction des financements à la création et à l’action culturelle, la multiplication des contrôles (devenue une arme contre les plus faibles) provoqueront à moyen terme le démantèlement du tissu culturel : il sera de plus en plus difficile, voire kafkaïen de mettre en chantier des productions hors grands circuits, les équipes artistiques n’arriveront plus à pérenniser leur travail sur le terrain et les jeunes talents auront de plus en plus de mal à rentrer dans le métier. Quant à l’argument : seuls les meilleurs survivront, il est faux et dangereux !
 
Cette politique conduira à l’absorption de la production artistique par les seules industries culturelles et institutions les plus nanties, à l’égal du mouvement de concentration des médias et de l’information dans notre pays dont nous constatons aujourd’hui les effets sur la démocratie. Il y aura « sanctuarisation » des professionnels de la culture à l’exclusion de toute réflexion concertée sur la réalité et la diversité de nos pratiques et de leurs financements.
 
Nous ne voyons poindre aucun nouvel élan pour une nouvelle politique culturelle satisfaisante, pourtant le mot culture est employé à toutes les sauces.
De quelle culture parlons-nous ? De « l’homme cultivé » ? De « la culture des peuples » ? Devons-nous laisser le sensible, l’art, aux seuls gérants de l’industrie culturelle et du spectaculaire ?
La culture, les droits sociaux, sont l’affaire de tous. Ouvrons le débat dès maintenant !
 
“Fabriquer du sensible, ce n’est pas poser la question quel type d’art voulons nous faire ? Mais dans quel(s) monde(s) voulons nous vivre ?"
 Andreas Inglese
Par Cercle Jacques Decour
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Vendredi 21 mars 2008

Le jeudi 7 février, aux cinémas "les Studios", avec l'association "A.I.R." et avec Schizo? Oui ! Nous avons participé à un débat sur  le sujet suivant :

Délinquance et troubles psychiques :
pas d’amalgame !

 

Régulièrement, les faits divers liés plus ou moins directement aux problèmes de santé mentale dramatisent les questions sur les troubles psychiques, interrogent sur les soins et leur suivi et, en définitive, renforcent l’exclusion des patients. À partir de l’actualité judiciaire récente, on a toujours l’impression que certains politiques, rejoignant en cela les représentations sociales de la majorité des Français  tiennent encore pour acquis le rôle répressif de la psychiatrie, reposent la question de l’enfermement au nom de la sécurité publique, rejouent l’équivalence prison-hôpital et soins égale enfermement.

 

Les préjugés vis-à-vis des troubles psychiques et de la psychiatrie ne changeront que si les pratiques de soins évoluent. Il s’agit, pour éviter l’exclusion, de travailler en partenariat et d’intervenir au plus près de la personne: soins intensifs à domicile, équipes mobiles, réhabilitation et insertion sociales, coopération avec les associations d’usagers, travail en réseau avec les médecins généralistes et les municipalités.

 

La psychiatrie dans la cité, partenaire des soins et acteur majeur contre l’exclusion des usagers, tel est le message de l’Organisation mondiale de la santé.

 

La France a été la mère des asiles psychiatriques dans le monde – avec la séparation des fous et des justiciables. Aujourd’hui, la maladie psychiatrique est partout, même en prison.  En réalité, pour  que la Santé s’émancipe radicalement de la Justice, il faudra que la société gère autrement les prisons et gère autrement la pauvreté et la précarité qui alimentent en permanence ces lieux d’enfermement, c’est-à-dire gère les causes plutôt que les conséquences.

 

L’enjeu est de taille : ne plus avoir honte, oser communiquer, lutter contre les discriminations en finir avec l’amalgame soinégaleenfermement. L’alliance entre les usagers, les familles, les professionnels et les élus locaux est certainement, par la connaissance mutuelle, le meilleur moyen de lutter contre la stigmatisation et de vaincre les discriminations en santé mentale.

Par Jean-Louis bargès
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