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  • : Le cercle Jacques Decour est une association Tourangelle dans laquelle des citoyennes et des citoyens, marxistes et non marxistes s’interrogent, débattent et agissent, en vue de rendre la société plus juste et plus respectueuse des valeurs humaines.
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Vendredi 21 mars 2008

Mars jeudi 6  -  Au Cinéma " les Studios

1967-2007 – 40 ans de contraception.


Avec Le Café des Femmes et le Planning familial, le cercle Decour a participé à cette soirée sur la Contraception.

 

 « … car une femme s’interdit de concevoir et fait tous ses efforts dans ce sens » (Lucrèce )

 « Permettez-nous sans concevoir de pécher » (A. Boutique, Les Malthusiennes, 1894)

« Le contrôle des naissances est essentiellement un problème d’éducation féminine »
(M. Sanger, 1922)

 

De tout temps, hommes et femmes ont cherché à limiter le nombre de leurs enfants. En France, une loi interdisait depuis 1920 toute diffusion des « moyens anticonceptionnels ». Au terme d’une longue lutte, la conquête de la contraception efficace et accessible à tous a permis de mettre fin à l’hypocrisie générale. Depuis 1967, la loi Neuwirth autorise la prescription de contraceptifs.

La maîtrise de la fécondité a provoqué un changement profond de la société, et la dissociation entre sexualité et reproduction a modifié largement les rapports entre hommes et femmes.

Elle a apporté aux femmes et aux couples une grande dimension de liberté, d’autonomie et de plaisir, mais aujourd’hui elle peut être vécue comme une contrainte. Choisir d’avoir ou non un enfant est maintenant aux mains des individus et des couples. Nouveaux défis : sur quels critères choisir « le bon moment » ?

Selon l’anthropologue F. Héritier, l’accès à la contraception constitue un tournant historique essentiel pour les femmes. Il permet de mettre en cause la hiérarchisation de la différence entre masculin et féminin, « sortir de la domination du masculin » à condition que les hommes admettent que la contraception est aussi un problème masculin, et qu’ils ne cherchent pas à imposer une nouvelle représentation de la sexualité.

40 ans après la loi Neuwirth, la France se trouve dans une situation paradoxale : le taux de diffusion et d’utilisation de la contraception est un des plus élevés en Europe, et en même temps, le nombre des IVG reste inchangé, un nombre important des IVG étant dû à une mauvaise utilisation des contraceptifs.

Que reste-t-il à faire ? Améliorer l’information sur les méthodes et en faciliter l’accès aux populations les plus vulnérables. Favoriser la reconnaissance de la sexualité des adolescents. Eclairer les choix personnels : la sexualité change tout au long de la vie, la contraception doit pouvoir changer aussi.

 

 

 

par Café des femmes et planning familial publié dans : Actualité
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Vendredi 21 mars 2008
Le mardi 4 mars 2008, Thomas Sauvadet, chercheur, est venu en Touraine animer un débat sur cette musique qui crée bien des débats et provoque bien des réactions négatives chez les conformistes : LE RAP.

Le rap : Témoin et acteur de quelle jeunesse, de quelle culture, de quelle révolte ?

 

La soirée du 4 mars sur ce thème semble avoir répondu aux interrogations des habitués du Cercle Jacques Decour à propos d’un sujet assez éloigné de leurs centres d’intérêt. On trouvera, à la suite, le schéma de la présentation de Thomas Sauvadet qui répondit avec verve aux questions et nous gratifia en fin de soirée d’un Rap de sa composition. Quatre jeunes de Saint-Pierre-des-Corps étaient présents et l’un d’eux, Kitchao rappeur local nous fit écouter la première partie du CD qu’il venait de produire, le volume 1 de « The underground concept » ; ce CD sera en vente dès le 26 mars, Kitchao en distribua largement aux présents ; il nous expliqua sa démarche, musicale, poétique et non commerciale et souhaita que ce contact avec la Cercle soit maintenu et développé.

 

I – D’où vient le Rap

Des ghettos des USA aux cités françaises, le rap est lié à la jeunesse « de la rue », issue des familles les plus insécurisées des quartiers populaires.

 

II. Les trois thématiques principales du rap

1) D’un côté, le rap incarne la contestation et la critique sociales, en représentant aux yeux des jeunes concernés le seul moyen d’expression politique jugé « authentique », c’est-à-dire sans concession sur la forme et sur le fond (vocabulaire violent voire ordurier, contestation radicale).

Il véhicule un imaginaire révolutionnaire qui dit en gros ceci : un jour, tous les jeunes de toutes les cités s’uniront pour brûler « le système ».

Ainsi les émeutes de novembre 2005 sont en partie le produit de cet imaginaire qui met en scène, à travers le rap, la révolte de toutes les cités.

Il s’agit de détruire le « système », ou du moins de l’affaiblir, mais rarement de proposer une alternative à ce système, d’ailleurs mal identifié.

Il ne s’agit pas d’une véritable révolution dans le sens d’une action collective porteuse d’un projet politique alternatif.

Les classes dominantes sont censées être effrayées par ces démonstrations de force émeutière et adoucir leurs modes de domination.

Une version particulièrement aboutie de cet imaginaire « révolutionnaire » du rap est représentée par l’un des raps de Keny Arkana, car on sent ici la possibilité d’un projet politique alternatif, même naïf et embryonnaire.

Titre « Jeunesse du monde » de Keny Arkana.

 

2) D’un autre côté, le rap véhicule, et adhère à, l’idéologie dominante en assurant la promotion de deux valeurs essentielles de notre société : entreprendre et consommer.

On retrouve cette dimension en particulier dans le « gangsta rap », c’est-à-dire dans le rap du gangster, qui se veut rebelle mais qui révèle en même temps l’ampleur du conformisme propre au monde du rap.

On pourrait parler de « conformisme déviant » , en reprenant l’analyse de la déviance .

La révolte se traduit ici par le fait d’accéder à ce à quoi on n’est pas censé accéder, d’accéder à ce que glorifie la société dominante, à savoir le luxe.

Exemple titre « au bout de mes rêves » de Booba :

Attention : les paroles sur Internet sont souvent erronées.

Appeler au secours n' est pas mon genre, ça va sans dire
J'ai jamais bossé, c’est la chose qui m'a
vue grandir
J'ai toujours osé, posé mes tripes sur la musique
Plutôt crever que taffer à l'usine
La luxure m' aura à l'usure peut être
Mais moi j'veux devenir c'que j'aurais dû être
J'ai jamais su c'qu'étais mon rôle
A part être riche, avoir une piaule à Miami beach

 

3) Parallèlement, le rap relate la conflictualité des rapports sociaux entre jeunes « de rue », le côté mortifère de la « vie de rue », l’absence de grande solidarité même s’il y a suffisamment de solidarité pour que la rue et les copains de la rue puissent apparaître comme une « seconde famille » pendant la période de la jeunesse, ce que nous allons voir maintenant dans la chanson de KENY ARKANA, « la mère des enfants perdus », où nous trouvons à la fois le côté solidaire et familial de la « vie de rue », et en même temps sa critique féroce.

 

 

III. Rap conscient et gangsta rap

La première et la troisième thématiques représentent un style de rap qu’on appelle le « rap conscient », plus ou moins opposé au « gangsta rap », puisqu’il critique le « système » et la façon dont celui-ci mine les solidarités entre dominés, alors que le « gangsta rap » assure la promotion des valeurs de ce « système », notamment celles qui tournent autour du verbe entreprendre (self-made-man, glorification du business et des businessmen) et du verbe consommer (glorification de toutes consommations qualifiées de luxueuses).

Pourquoi le « gangsta rap » rencontre-t-il un certain succès commercial en pénétrant le marché des adolescents des classes moyennes et en se taillant la part du lion dans la jeunesse des classes populaires, en France comme aux Etats-Unis ?

Parce qu’il est en phase avec la société actuelle et donc avec la jeunesse d’aujourd’hui.

Quelles conséquences sur les représentations que se font du rap les gens étrangers à cette culture artistique ? Pour les gens de droite (des sauvages qui nous miment maladroitement) et pour les gens de gauche (des capitalistes sauvages).

Quelles sont les conditions de diffusion du « rap conscient » en lieu et place du « gangsta rap » ?

 

IV. Remarque de conclusion

Nous avons aussi d’autres formes de rap :

Rap commercial et sexy.

Rap festif.

Nous n’avons pas jugé utile de développer l’analyse de ces genres de rap.

par Gilbert Deverines publié dans : Actualité
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Vendredi 21 mars 2008

Le jeudi 7 février, aux cinémas "les Studios", avec l'association "A.I.R." et avec Schizo? Oui ! Nous avons participé à un débat sur  le sujet suivant :

Délinquance et troubles psychiques :
pas d’amalgame !

 

Régulièrement, les faits divers liés plus ou moins directement aux problèmes de santé mentale dramatisent les questions sur les troubles psychiques, interrogent sur les soins et leur suivi et, en définitive, renforcent l’exclusion des patients. À partir de l’actualité judiciaire récente, on a toujours l’impression que certains politiques, rejoignant en cela les représentations sociales de la majorité des Français  tiennent encore pour acquis le rôle répressif de la psychiatrie, reposent la question de l’enfermement au nom de la sécurité publique, rejouent l’équivalence prison-hôpital et soins égale enfermement.

 

Les préjugés vis-à-vis des troubles psychiques et de la psychiatrie ne changeront que si les pratiques de soins évoluent. Il s’agit, pour éviter l’exclusion, de travailler en partenariat et d’intervenir au plus près de la personne: soins intensifs à domicile, équipes mobiles, réhabilitation et insertion sociales, coopération avec les associations d’usagers, travail en réseau avec les médecins généralistes et les municipalités.

 

La psychiatrie dans la cité, partenaire des soins et acteur majeur contre l’exclusion des usagers, tel est le message de l’Organisation mondiale de la santé.

 

La France a été la mère des asiles psychiatriques dans le monde – avec la séparation des fous et des justiciables. Aujourd’hui, la maladie psychiatrique est partout, même en prison.  En réalité, pour  que la Santé s’émancipe radicalement de la Justice, il faudra que la société gère autrement les prisons et gère autrement la pauvreté et la précarité qui alimentent en permanence ces lieux d’enfermement, c’est-à-dire gère les causes plutôt que les conséquences.

 

L’enjeu est de taille : ne plus avoir honte, oser communiquer, lutter contre les discriminations en finir avec l’amalgame soinégaleenfermement. L’alliance entre les usagers, les familles, les professionnels et les élus locaux est certainement, par la connaissance mutuelle, le meilleur moyen de lutter contre la stigmatisation et de vaincre les discriminations en santé mentale.

par Jean-Louis bargès publié dans : Actualité
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Mardi 12 juin 2007
Enfin, une question reste à traiter :
quelle culture pour demain ?
 
La production artistique en France génère autant de richesses que les plus gros secteurs industriels (aéronautique, automobile etc…). Tous les rapports le disent et tous les acteurs économiques et les élus en sont conscients. Pour preuve : la mobilisation des maires et députés possédant des festivals dans leurs circonscriptions.
 
L’effet de ce protocole, la réduction des financements à la création et à l’action culturelle, la multiplication des contrôles (devenue une arme contre les plus faibles) provoqueront à moyen terme le démantèlement du tissu culturel : il sera de plus en plus difficile, voire kafkaïen de mettre en chantier des productions hors grands circuits, les équipes artistiques n’arriveront plus à pérenniser leur travail sur le terrain et les jeunes talents auront de plus en plus de mal à rentrer dans le métier. Quant à l’argument : seuls les meilleurs survivront, il est faux et dangereux !
 
Cette politique conduira à l’absorption de la production artistique par les seules industries culturelles et institutions les plus nanties, à l’égal du mouvement de concentration des médias et de l’information dans notre pays dont nous constatons aujourd’hui les effets sur la démocratie. Il y aura « sanctuarisation » des professionnels de la culture à l’exclusion de toute réflexion concertée sur la réalité et la diversité de nos pratiques et de leurs financements.
 
Nous ne voyons poindre aucun nouvel élan pour une nouvelle politique culturelle satisfaisante, pourtant le mot culture est employé à toutes les sauces.
De quelle culture parlons-nous ? De « l’homme cultivé » ? De « la culture des peuples » ? Devons-nous laisser le sensible, l’art, aux seuls gérants de l’industrie culturelle et du spectaculaire ?
La culture, les droits sociaux, sont l’affaire de tous. Ouvrons le débat dès maintenant !
 
“Fabriquer du sensible, ce n’est pas poser la question quel type d’art voulons nous faire ? Mais dans quel(s) monde(s) voulons nous vivre ?"
 Andreas Inglese
par Cercle Jacques Decour publié dans : Actualité
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Mardi 12 juin 2007
Il s’agissait aussi de débattre de la question des intermittents, de la situation des créateurs, des interprètes, des techniciens du spectacle vivant, et de poser la question du statut du travail salarié en général 
 
L’ancienne couverture sociale des intermittents du spectacle fonctionnait selon un principe mutualiste de redistribution vers les plus faibles revenus. Les réformes successives de 2003 et de 2006, voulues par les gestionnaires de l’Unedic, sont résolument inégalitaires.
 
Ces réformes se révèlent plus coûteuses que le précédent système.
 
Mais le but clairement avoué par le rapport de la Cour des comptes et par le MEDEF ne se pose pas en termes de coût, mais de réduction des effectifs. « La question n’est pas le déficit, mais le nombre d’intermittents » déclarait ainsi tranquillement M. Gauthier-Sauvagnac, négociateur du MEDEF.
 
Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants sont touchés par le même processus politique :
Pour accélérer les radiations des chômeurs, tout un arsenal de dispositifs de contrôles et de contraintes à l’emploi est mis en place. On fabrique ainsi une nouvelle insécurité sociale faite de course aux cachets, d’acceptation de n’importe quel emploi, de peur du contrôle sous peine de se voir supprimer une allocation.
 
Qui aurait cru qu’après 4 ans de lutte, 4 ans d’actions, de rapports, de missions d’information, de réunions à l’Assemblée nationale ou au ministère, les mêmes soi-disant « partenaires sociaux » allaient signer un texte pire que le protocole du 26 juin 2003 dénoncé par tous ?
 
Ils l’appellent « le protocole du 18 avril 2006 ».
 
Qui aurait cru que 4 ans de réflexions, d’expertises, de propositions seraient balayés d’un revers de main sans même qu’aucune discussion avec les donneurs d’ordre (le MEDEF et la CFDT) ne soit possible ?
 
Comment ne pas être furieusement en colère ?
 
Le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a répété à de nombreuses reprises : « Le gouvernement ne donnera pas son agrément à un accord qui ne contiendrait pas les 507 heures en 12 mois ». Il nous a menti.
Non seulement aucune de ses promesses n’a été tenue, mais il a supprimé le fonds transitoire versé par l’Etat. Ce fonds avait été obtenu grâce aux actions menées par tous les opposants au protocole de 2003 ; il a permis de « rattraper » 40000 exclus, leur évitant de basculer au RMI. Et ce ne sont pas les pansements que l’Etat a cru nécessaire d’ajouter au protocole du 18 avril 2006 qui juguleront l’hémorragie à venir de milliers d’intermittents radiés du système.
  
Poser la question du statut du travail salarié en général :
 
L’emploi ne recouvre pas le travail.
En d’autres termes, l’activité déborde largement le temps de travail effectué sous contrat.
 
Pour un intermittent du spectacle, tous les temps consacrés à la formation, l’élaboration de nouveaux projets, la recherche, l’expérimentation, quoique étant une étape indispensable à la création, ne sont pas comptabilisés sur une fiche de paye, mais considérés comme temps chômé.
 
Nous proposons d’arrêter d’opposer de façon binaire emploi et chômage : le temps de non emploi, considéré comme chômé est aussi -sinon plus que le temps en emploi- producteur de richesses.
 
Il s’agit alors de relever le défi que constituent toutes les formes de discontinuité, d’intermittence de l’emploi : repenser les droits sociaux et le revenu au-delà de l’emploi et du chômage.
 
La pérennité des structures est liée de manière indissociable à la pérennité des droits sociaux et des revenus des individus, à leur mobilité que seule la continuité du revenu permet effectivement.
 
Les chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes, stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, veulent réformer les droits sociaux des intermittents du spectacle, et plus largement l’assurance chômage. Mais autrement que le MEDEF et la CFDT.
 
Ils proposent un Nouveau Modèle d’indemnisation, qui constitue un au-delà de l’indemnisation chômage, un modèle de garantie de la continuité du revenu en situation de discontinuité de l'emploi.
 
Le Nouveau Modèle peut s’appliquer à tout travailleur engagé par des employeurs multiples, avec un taux de rémunération, et une durée de contrats variables : c’est-à-dire à beaucoup de personnes ne relevant pas des champs de l’intermittence actuelle, mais connaissant une précarité réelle.
 
Le principe du Nouveau Modèle est donc résolument mutualiste. Loin de tout corporatisme ou de défense de privilèges acquis, sa philosophie s’appuie sur la continuité de revenu pour tous, conçue comme bien commun au même titre que le logement, la santé et l’éducation.
 
Les derniers ministres des affaires sociales et de l’emploi, François Fillon et Jean-Louis Borloo se sont pliés aux décisions du MEDEF avouant ainsi leur totale impuissance ou leur parfait consentement.
 
Le temps libre nécessite des supports sociaux. Il s’agit de replacer l’émancipation individuelle et collective au cœur de l’action politique.
par Cercle Jacques Decour publié dans : Actualité
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